Les semences biologiques reproductibles

Article publié , mis à jour , dans Semences.

Les semences biologiques reproductibles sont des graines (anciennes ou fermières) de légumes, de fruits et de plantes ornementales qui peuvent être ressemées d'année en année.

Des avantages et des qualités intrinsèques

Peu gourmandes en eau, adaptées aux climats et aux sols de leurs zones de production, les semences biologiques reproductibles sont jugées utiles à la sauvegarde de la biodiversité, surtout qu'elles nécessitent peu ou pas d'intrants chimiques. Elles s'avèrent tout le contraire des semences hybrides F1 et des semences génétiquement modifiées. Les agriculteurs peuvent utiliser leurs grains biologiques sur plusieurs années successives.

L'approvisionnement en semences biologiques reproductibles

L'approvisionnement des agriculteurs et des jardiniers en semences biologiques reproductibles doit en principe se faire par les semenciers agréés. Mais le faible attrait économique de la filière bio se répercute sur la production de grains biologiques reproductibles.

Du fait d'un engouement croissant pour l'agriculture biologique, la demande en semences y est de plus en plus forte si bien que les fournisseurs légaux ne parviennent pas à satisfaire une partie de la clientèle, à qui une dérogation annuelle est alors accordée pour employer des semences non conformes au bio.

Une épineuse question

Une multitude de petits agriculteurs et jardiniers ach√®tent, √©changent entre eux et ress√®ment √† volont√© les semences biologiques reproductibles. Pour lutter contre ce ¬ę march√© parall√®le ¬Ľ qui leur √©chappe totalement, plusieurs multinationales, soutenues par l'√Čtat et l'UE, traduisent de petites structures semenci√®res paysannes en justice en invoquant une concurrence d√©loyale. Un exemple patent est celui de l'affaire ayant oppos√© le semencier Baumaux √† l'association Kokopelli.

Apr√®s une premi√®re condamnation en 2008 par le tribunal de grande instance de Nancy, la Cour de Justice de l'UE va aussi donner tort √† Kokopelli en 2012, malgr√© l'avis contraire de l'avocate g√©n√©rale. Kokopelli doit verser 35 000 euros soit 23 000 euros √† l'√Čtat fran√ßais (garant des lois) et √† la FNPSPF (f√©d√©ration nationale des professionnelles des semences potag√®res et florales) et 12000 euros √† Baumaux.

Une détermination à sauvegarder les semences reproductibles

Les p√©rip√©ties judiciaires ne semblent pas refroidir l'ardeur des producteurs bio d√©cid√©s √† emp√™cher la ¬ę confiscation du vivant ¬Ľ par une d√©sob√©issance civile non-violente. Ils sont confort√©s dans leur position par la quasi-impossibilit√© √† inscrire et √† maintenir durablement les semences biologiques reproductibles sur le catalogue officiel du GNIS ou dans son annexe. Ils d√©noncent des crit√®res peu adapt√©s au bio et une chert√© de l'inscription et du maintien des esp√®ces et vari√©t√©s anciennes dans le catalogue officiel.

Des critères peu adaptées au bio

Pour être inscrites au catalogue officiel des variétés et espèces, les plantes doivent être distinctes de celles figurant déjà au catalogue. Elles doivent en plus être homogènes et stables. Ces deux autres critères techniques se vérifient au bout de plusieurs années.

Les semences paysannes et les semences de ferme, produites en marge de la filière semencière agréée par la loi, obéissent au critère de la distinction mais se heurtent généralement aux contraintes techniques de l'homogénéité et de la stabilité. De ce fait, elles ne peuvent figurer dans le catalogue officiel, et par conséquent, se trouvent être interdites à la commercialisation. Assimilée à de la vente déguisée, leur échange n'est pas permis. Ces semences biologiques reproductibles ne sont autorisées à être semées que pour un usage personnel.

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