Production de semence : principe, techniques et processus

Article publié , mis à jour , dans Semences.

√Čl√©ments de base de la production agricole, les semences constituent bien souvent le principal obstacle au maintien de la qualit√© des produits agricoles et √† l'accroissement des rendements. Leur production et leur commercialisation est le fait de structures et d'individus hautement sp√©cialis√©s, qui disposent de moyens importants.

Principe de base

La production semenci√®re est fondamentalement diff√©rente des autres fili√®res de la production agricole. Les semences doivent renfermer les m√™mes caract√®res g√©n√©tiques que la vari√©t√© de d√©part, c'est-√†-dire celle obtenue par les chercheurs. Tout au long de la cha√ģne de production, le semencier devra veiller √† ce que les semences ne subissent pas de pollution g√©n√©tique, c'est-√†-dire que les g√®nes d'autres vari√©t√©s ne viennent pas s'immiscer dans celle-ci.

Les techniques de production

Les techniques mises en Ňďuvre diff√®rent selon le type de semence et les modes de reproduction des esp√®ces. Les semences des plantes se reproduisant de mani√®re v√©g√©tatives (bouturage, marcottage, greffage) sont les plus faciles √† produire car le risque de pollution g√©n√©tique est quasi nul. La seule attention consiste √† s'assurer que ces semences ne soient pas contamin√©es par des virus.

Pour les plantes se multipliant par voie sexuée, cela est un peu plus compliqué car il faut empêcher que du pollen étranger ne vienne féconder les ovules. La difficulté varie selon qu'on a affaire à des plantes allogames ou autogames. Chez les plantes allogames, la préférence est donnée à l'échange de pollen entre différents pieds, tandis que chez les autogames, le pollen de la même fleur féconde les ovules qui se trouvent sur cette fleur. De ce fait, la production semencière d'espèces autogames est plus aisée que celle d'espèces allogames.

Comment éviter la pollution génétique ?

La production de nouvelles variétés est un long processus, qui requiert au minimum une dizaine d'années. Les chercheurs confèrent à la variété des caractéristiques recherchées (productivité, résistance à des maladies, qualités organoleptiques etc.). La pollution génétique conduit à une perte de ces caractéristiques, phénomène connu sous le nom de dégénérescence génétique. Afin d'éviter cet accident, les semenciers ont recours à diverses techniques (isolation spatiale, barrières de protection, modification de la densité, castration…). La distance d'isolation varie de quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres selon qu'on ait affaire à des plantes autogames ou à des plantes allogames. Elle varie aussi en fonction du mode de pollinisation. En général les plantes pollinisées par le vent requièrent des distances d'isolation supérieures à celles des plantes pollinisées par des insectes.

Processus de production des semences

La production part toujours de graines issues d'une plantes ayant toutes les caractéristiques de la variété de départ. Ces semences appelées G0 seront par la suite multipliées pour obtenir la première lignée de prébase ou G1. Les G1 serviront par la suite à obtenir les G2 et ainsi de suite jusqu'aux semences G4 qui constituent les semences de bases. Des semences G4 sont issues les semences certifiées de première génération M1, puis les semences M2. Cette dernière catégorie permet ensuite de produire les semences N1 puis N2. Ce sont enfin les semences certifiées de second niveau N2 qui permettent de produire les semences ordinaires.

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