Le photopériodisme

Article publié , mis à jour , dans Techniques avancées.

Le photopériodisme est la réaction qu'induit la variation de la durée du jour et de la nuit sur les plantes. Cette variation agit sur divers processus biologiques chez les plantes cultivées. La photopériode, quant à elle, est la combinaison de la durée du jour et de celle de la nuit. C'est en 1920 que les botanistes américains Whigtman Garner et Henry Allard découvrent le photopériodisme.

Réactions des plantes face à la photopériode

L'évolution de la durée du jour est susceptible d'agir sur les processus métaboliques suivants :

  • la croissance des tiges et des feuilles
  • l'initiation florale
  • la formation de bulbilles
  • le dĂ©bourrement des bourgeons
  • la tubĂ©risation
  • la floraison proprement dite
  • certains mouvements des chloroplastes
  • la formation des bourgeons Ă©cailleux
  • la germination des graines Ă  photo-sensibilitĂ© positive
  • la chute des feuilles
  • la migration des produits de la photosynthèse (mise en place des rĂ©serves)
  • allongement des entre-nĹ“uds et ajustement de la croissance

Mécanismes d'action du photopériodisme

Les plantes perçoivent la photopĂ©riode par le biais d'un pigment vĂ©gĂ©tal nommĂ© phytochrome. Ce pigment joue le rĂ´le de commutateur au niveau de divers processus mĂ©taboliques chez les vĂ©gĂ©taux supĂ©rieurs. Lorsque le phytochrome est exposĂ© Ă  la photopĂ©riode adĂ©quate, il dĂ©clenche un stimulus chimique qui migre vers la partie concernĂ©e par cette photopĂ©riode. Dans le cadre de la floraison, ce stimulus migre de la feuille vers les bourgeons qui passent du stade vĂ©gĂ©tatif au stade reproducteur. Ce stimulus est en rĂ©alitĂ© transmis par l'intermĂ©diaire de diverses hormones vĂ©gĂ©tales, dont les gibbĂ©rellines.

Exigences des plantes cultivées en photopériode

Le photopériodisme permet de distinguer 4 catégories de plantes :

Les plantes aphotiques

Ce type de plantes ne nécessite pas de lumière pour fleurir. C'est le cas de certaines plantes à bulbes telles que la jacinthe, la tulipe et la narcisse. Le bulbe de ces plantes possède assez de réserves pour leur permettre de fleurir sans lumière. La floraison s'effectue alors que le bulbe est enterré et que les parties aériennes ne sont pas encore développées.

Les plantes indifférentes

Ces plantes requièrent de la lumière pour fleurir, mais elles fleurissent quelle que soit la photopériode. Au nombre des plantes indifférentes, on recense le cerisier, la maïs et le lilas.

Les plantes de jours courts ou plantes nyctipériodiques

Ces plantes entrent en floraison lorsque la durée du jour est inférieure au seuil critique. Lorsque la durée de l'éclairement excède ce seuil, on assiste à une inhibition de la floraison. Dans les pays tempérés, ce type de plantes fleurit généralement en automne. Ce groupe comprend des plantes telles que le chrysanthème, le dahlia.

Les plantes de jours longs ou plantes héméropériodiques

Les plantes de ce groupe ne fleurissent que lorsque la durée de l'éclairement dépasse un certain seuil. Ce type de plantes requiert 12 à 14 heures d'éclairement par jour pour entrer en floraison. L'fenouil font partie de ce groupe.

Domaines d'application du photopériodisme

Le photopériodisme peut être utilisé pour s'affranchir d'un certain nombre de contraintes. On peut contraindre des plantes de jours courts et des plantes de jours longs à fleurir en dehors de leur période normale de floraison. Pour hâter la floraison de la calcéolaire, il suffit d'éclairer la plante avec des flashs lumineux pendant la nuit. Pour retarder la floraison de la canne à sucre (plante de jours) on survole, la nuit tombée, les champs de cannes avec des hélicoptères équipés de gyrophares. Ce retardement permet d'allonger la période pendant laquelle la canne à sucre accumule du saccharose dans ces tissus. On obtient ainsi des cannes plus riches en sucre.

Poser une question

Vous n'êtes pas connecté. Vous pouvez quand même poster une question, elle vous sera attribuée si vous décidez de vous connecter ultérieurement.