Jardinage sans eau ou xéropaysagisme

Article publié , mis à jour , dans Irrigation.

Le xéropaysagisme est un concept qui vise l'utilisation efficace de l'eau à partir d'un bon aménagement du jardin. On considère cette méthode comme une façon de faire du jardinage sans eau, même si ce n'est pas réellement le cas dans tous les contextes. La quantité d'eau utilisée dans le cadre du xéropaysagisme est tellement négligeable, en comparaison à celle des cultures classiques, qu'on peut se permettre d'affirmer « qu'il n'y a pas d'apport d'eau ».

Il faut retenir que le xéropaysagisme encourage à utiliser le moins d'eau possible et, pourquoi pas, éviter tout arrosage. L'objectif principal est de parvenir à réduire la consommation d'eau de 25 à 100 %. Le concept a été pensé dans les régions désertiques où les précipitations sont rares. Le terme « xéropaysagisme » vient de « xeros », qui signifie « sec » en grec ancien.

Conditions de réussite

Pour réussir la culture en mode xéropaysagisme, il est nécessaire de respecter certaines conditions.

L'analyse du sol

La nature du sol doit être bien connue avant la pratique de la méthode. Cela permettra de faire un bon amendement afin de le rendre plus résistant aux sécheresses. Il serait intéressant d'opter pour les sols argileux qui ont tendance à bien conserver l'humidité. Cependant, il faut se méfier des sols argileux lourds où l'oxygène fait défaut, une situation que certaines plantes ne supportent pas. Aussi, les sols sablonneux ont du mal à retenir l'eau et sont pauvres en minéraux. Il est ainsi recommandé de modifier ces sols en y ajoutant du fumier, du compost ou de la tourbe. La réalisation d'un paillis sur le sol de culture est très important, et parfois même incontournable, car cette opération permet de retenir l'humidité dans le sol et évite l'émergence des mauvaises herbes qui consomment aussi de l'eau. Les rocailles sont parfaites pour accueillir les espèces végétales résistantes à la sécheresse et au vent.

Les arrosages

Il ne faut pas arroser n'importe comment lorsqu'on réalise du xéropaysagisme. On conseille de faire les apports d'eau tôt le matin afin de diminuer l'évaporation et le roussissement des feuilles par les rayons du soleil. Les arrosages seraient bénéfiques s'ils sont faits par temps calme, sans vent. Cela permettra d'éviter l'assèchement rapide de l'eau. Il ne faut pas arroser trop vite afin d'éviter l'écoulement abusif de l'eau et favoriser plutôt la bonne absorption de celle-ci par le sol.

Aménagement correct du jardin

Les arrosages peuvent être limités considérablement si le jardin est bien aménager. Il est par exemple conseillé d'étager le jardin afin de favoriser les écoulements naturels de l'eau. La plantation des plantes les plus gourmandes en eau doit se faire en positions élevées, dans des endroits protégés du soleil et du vent. Il serait bon par la même occasion de faire en sorte que les plants soient serrés. Les plantes disposées plus bas recevront l'eau de ruissellement et l'eau versée plus haut. En général, les plantes les plus résistantes à la sécheresse doivent être placées dans les zones les plus ensoleillées du jardin.

Les techniques d'irrigation en xéropaysagisme

Lorsqu'on décide d'apporter de l'eau dans une culture faite en mode xéropaysagisme, il faut le faire par l'adoption de techniques appropriées. Il en existe trois.

La couverture intégrale

C'est une ancienne technique d'arrosage qui nécessite l'utilisation de matériaux modernes tels que le polyéthylène. Automatisable, mobile ou enterré avec remontée télescopique pour chaque arroseur, la couverture intégrale a pour avantage de s'adapter partout.

Le goutte-Ă -goutte

Cette méthode vise un apport d'eau sous faible pression jusqu'aux racines. La distribution de celle-ci se fait au compte-goutte grâce à de petits tuyaux enterrés ou placés sous le sol. Le goutte-à-goutte permet d'irriguer avec précision et assure l'humidification exclusive du voisinage direct des racines. La technique est indiquée au cas où on désire particulièrement faire des économies en eau.

L'aspersion

Il s'agit d'une technique à partir de laquelle l'eau est distribuée via des tuyaux mobiles alimentant des systèmes d'aspersion. Les plantations sont arrosées en fines pluies par la projection de l'eau sous pression.

Entretien du jardin en xéropaysagisme

Il est à la fois facile et délicat d'entretenir un jardin en xéropaysagisme, comparativement à un jardin traditionnel. En général, le jardinier n'aura pas besoin de faire de grandes opérations de désherbage, d'arrosage ou de parages, des actions simplifiées par un bon paillis et d'autres opérations. C'est le cas par exemple d'un revêtement de cailloux qui évite l'arrachage des mauvaises herbes. Aussi la tonte du gazon, qui est une tâche polluante et qui augmente en outre l'évaporation, ne sera plus nécessaire.

Le xéropaysagisme par l'eau solide

L'eau solide est une invention de Sergio Rico, un ingénieur chimiste mexicain. Il permet d'optimiser l'usage de l'eau de pluie qui est captée à partir des toits et récupérée dans un réservoir. On introduit alors du polyacrylate de potassium dans ce contenant à raison d'une dose de 1,5 gramme pour 1 litre d'eau. La solidification de l'eau s'opère en un quart d'heure. Les molécules d'eau se collent aux polymères après une ionisation et une précipitation, et on obtient ensuite de l'eau en grains, donc à l'état solide. Cette trouvaille convient au xéropaysagisme car elle permet de maintenir la racine des plantes humides même après plusieurs mois. La réhydratation s'effectue dès qu'il y a une ondée ou un petit arrosage.

Avantages du xéropaysagisme

Avec cette méthode, il y a un usage limité d'insecticides car en général, les plantes qui résistent à la sécheresse résistent aussi aux parasites. Elles n'ont en plus aucune crainte pour les maladies, ce qui signifie que les pesticides et les fongicides ne seront pas utilisés pendant la culture. Le xéropaysagisme permet en outre de faire des économies sur la consommation d'eau. En l'appliquant à partir de la technique de l'eau solide, il n'est plus nécessaire d'utiliser des pompes, des tuyaux ou encore des camions-citernes pour transporter l'eau.

Privilégier des plantes supportant de faibles arrosages

La règle principale dans cette méthode est de choisir des plantes qui peuvent supporter de faibles arrosages. C'est le cas des espèces alpines, maritimes, de falaises ou d'escarpements rocheux qui n'exigent pas d'importants arrosages. Certaines plantes vivaces décoratives ou aromatiques résistent aussi à la sécheresse et peuvent donc être choisies dans le cadre de cette méthode. C'est le cas des valérianes, des auges, des mélisses ou encore des cactus. Les arbustes comme les armoises, les buddleias et les cytises, et les arbres tels que les conifères, les palmiers et les mimosas, sont aussi indiqués en xéropaysagisme.

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