Les champignons prédateurs, amis des jardiniers

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Moins connus que leurs semblables, les champignons prédateurs ont la capacité de piéger leurs proies animales microscopiques afin de s'en nourrir. Appelés communément champignons carnivores, ils constituent une alternative pour lutter contre les micro-organismes parasites ou pour réduire, voire empêcher, les dégâts causés par ceux-ci. Contrairement aux champignons parasites nuisibles, les champignons prédateurs sont des auxiliaires utiles au développement des cultures.

Présentation

Les champignons prédateurs vivent dans les sols. Ils appartiennent à diverses familles à l'intérieur desquelles plusieurs espèces ont des spécificités qui les différencient les unes des autres.

Les champignons entomopathogènes, particulièrement l'espèce Metharhizium anisopliae, s'attaquent aux insectes nuisibles (pucerons, thrips, termites).

Les principaux ennemis des nématodes sont les zygomycètes, les basidiomycètes, les deutéromycètes, les hyphomycètes. Ces derniers regroupent plusieurs genres qui se nourrissent des vers Dactylaria, Trichothecium, Dactylla, Arthrobotrys robusta.

Le genre Arthobotrys regroupe de nombreuses espèces, à savoir, Arthobotrys dactyloides, Arthobotrys conoides. L'espèce la mieux connue est Arthobotrys irregularis.

Les champignons ovicides au nombre desquels figurent les espèces Paercilomyces lilacinus et Verticillium chlamydosporium, tuent spécifiquement les œufs des nématodes.

Modes d'action

Le mode de prédation diffère d'un groupe de champignons carnivores à un autre.

Chez les champignons nématophages

Les champignons prédateurs nématophages tuent les petits vers ronds appelés nématodes. Ils développent plusieurs mécanismes pour piéger ces vers microscopiques et réduire ou enrayer la prolifération des nématodes. Il s'agit des pièges en réseaux adhésifs, en anneaux constricteurs, en boutons adhésifs. Ainsi, certains nématophages capturent leurs proies avec un anneau constricteur avant de les étrangler. D'autres emprisonnent les nématodes dans un réseau d'hyphes en sécrétant une substance collante qui immobilise les vers qui sont ensuite totalement digérés par des enzymes spécifiques.

Chez les champignons ovicides

Le mode d'action des champignons ovicides, consiste à neutraliser les œufs des nématodes. Ils sont équipés de plusieurs filaments qui perforent la coque des œufs grâce à des enzymes bien spécifiques. Ils pénètrent ainsi à l'intérieur et détruisent les embryons. Ces embryons sont une source de nourriture pour ces champignons ovicides qui détruisent ainsi les œufs des nématodes.

Chez les champignons entomopathogènes

Les champignons entomopathogènes sont caractérisés par plusieurs propriétés qui leur permettent d'infester des insectes pathogènes. Ils sont dotés d'une pathogénicité qui facilite l'infestation des insectes par divers modes d'actions. Par simple contact et par le biais d'un mécanisme d'adhésion, ils entrent en conta ct avec l'organisme nuisible, puis neutralisent les œufs, les larves et les insectes adultes. Ils infestent également leur hôte par ingestion ou par pénétration directe soit par pression mécanique soit par pression enzymatique. Certains champignons colonisent les insectes en émettant des toxines non enzymatiques et virulentes qui précipitent le processus d'infection.

Lutte microbiologique

L'utilisation des champignons nématophages ou entomopathogènes constitue une alternative qui permet de réduire l'emploi d'intrants chimiques, parfois toxiques. Ils permettent ainsi de freiner ou d'enrayer la pullulation des nématodes et de plusieurs types d'insectes pathogènes. Ces agents de lutte microbiologique peuvent être cultivés sur un support nutritif. Ces champignons sont ensuite déshydratés, puis réduits en poudre avant d'être incorporés dans le sol. Il existe également des préparations commerciales à partir du mycélium cultivé sur divers supports.

De façon spécifique, l'espèce Arthobotrys irregularis est couramment utilisée pour piéger les larves infectantes des nématodes à galles. Ce champignon prédateur, est disponible sous forme de culture mycélienne vivante et sous un nom commercial. L'application requise pour un contrôle efficace des micro-organismes nuisibles est d'une dose de 140 g/m2.

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