La mercuriale annuelle

Article publié , mis à jour , dans Plantes adventices, Euphorbiacées.

La mercuriale annuelle, ou Mercurialis annua, est une plante dicotylédone de la famille des Euphorbiacées. Elle fait partie des adventices et peut être désignée par plusieurs noms vernaculaires dont « fanousse », « cagarella » et « foirolle ».

La plantule de cette adventice a une teinte allant du vert clair au vert jaunâtre. Elle possède des feuilles opposées. Grands et tronqués au sommet, les cotylédons ont une forme de tulipe. Leurs nervures, très caractéristiques, sont dichotomes et de couleur blanchâtre. La plantule de la mercuriale annuelle affiche des feuilles ovales-allongées, dentées et ciliées. Concernant la plante adulte, il faut savoir que celle-ci n'excède pas 50 cm. Elle a des tiges côtelées ramifiées dès la base. Les feuilles de la plante sont de couleur vert clair. Elles sont dentées en scie émoussée et régulièrement ciliées. La mercuriale annuelle est une plante monoïque. Elle a des fleurs femelles sans pétales se présentant à l'aisselle des feuilles. Celles-ci peuvent être solitaires ou plutôt rassemblées par 2 ou par 3. Quant aux fleurs mâles, elles sont rassemblées en faux épis portés par des pédoncules fins au sommet de la plante. Le fruit produit par la mercuriale annuelle est une capsule à coque lisse dont la base est hérissée-poilue. Les graines ont une paroi lisse à réticulée. Elles sont de couleur gris clair et ont un aspect ovoïde.

Biologie

Cette plante est annuelle et sa germination a lieu d'avril à mai, avec une éventuelle prolongation jusqu'à l'automne. C'est de juin à novembre que se tient la floraison de la mercuriale annuelle. La germination des graines est superficielle. Cela dit, elles ont juste besoin d'être enterrées à 2 cm. Il y a tout de même des possibilités de levée de la plante à des profondeurs comprises entre 0 et 6 cm selon certaines études. La mercuriale annuelle a une dormance primaire relativement longue.

Habitat

C'est une plante adventice très commune en France. Elle pousse sur de nombreux types de sols, et même sur les secs. Toutefois, on la remarque le plus souvent sur les sols riches en azote. Les cultures annuelles du printemps et de l'été sont les plus conquises par cette plante. Elle est très crainte par les producteurs de betteraves du fait de ses levées échelonnées. Les cultures de colza d'hiver sont également très visitées par la mercuriale annuelle. La plante n'est pas assez présente dans les cultures biologiques et ne poserait pas trop de problème dans les systèmes céréaliers ou de polyculture-élevage.

Facteurs favorables

Cette adventice se rencontre le plus souvent dans les cultures de maïs depuis que la substance active atrazine a été retirée. On la considère comme une adventice émergente car étant très difficile à contrôler. Son installation dans les parcelles est facilitée par les rotations chargées en cultures d'été et de printemps.

Nuisibilité

La mercuriale annuelle a une nuisibilité généralement modérée. Mais elle peut créer de gros soucis si les colonisations sont importantes. On note aussi que cette adventice entraine des pertes de rendement importantes dans les parcelles de culture trop sales. Les fruits de la mercuriale annuelle sont toxiques et peuvent représenter un danger pour le bétail et les lapins.

Lutte

Il est mieux de privilégier les cultures où il est possible de contrôler cette adventice par l'usage des herbicides. En effet, les rotations ne parviennent pas à freiner la mercuriale et l'effet du labour sur cette mauvaise herbe est très moyen, voire même neutre. On peut aussi faire des faux-semis au printemps pour limiter l'ascension de la plante. Mais l'efficacité de cette méthode repose sur l'adoption de façons culturales envisagées sur plusieurs années, en faisant en sorte que le stock de l'adventice ne soit pas renouvelé à la fin des campagnes agricoles.

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