Le chénopode blanc

Article publié , mis à jour , dans Plantes adventices, Chénopodiacées.

Le chénopode blanc est une plante adventice dicotylédone de la famille des Chénopodiacées. On la désigne par le nom scientifique Chenopodium album. Les noms vernaculaires « anserine blanche », « poule grasse » et « belle-dame » sont aussi utilisés pour évoquer cette adventice.

Sur la tige de la plantule du chénopode blanc, on aperçoit des feuilles opposées. Son axe est hypocotylé et affiche une couleur rougeâtre. Elliptiques et allongés, les cotylédons sont fins, longs et ont une face inférieure violacée. Un court pétiole bien défini est visible au niveau du limbe, une disposition qui permet de distinguer ce pétiole de l'accroche étalée. Les deux premières feuilles de la plantule sont ovales et plus ou moins allongées. Quant aux autres, elles sont disposées en losange et sont dentées et crénelées. On constate une abondante pilosité farineuse sur la plantule, une apparence qui est d'ailleurs propre à cette espèce.

De couleur vert-clair à vert bleuté, la plante adulte peut atteindre 1,5 m de hauteur. Sa tige, très souvent ramifiée, est dressée et anguleuse. On y voit fixées des feuilles au contour triangulaire. Celles-ci sont d'abord opposées avant de devenir alternes. De petite taille, les fleurs, de couleur verdâtre, sont directement incrustées sur la tige. Les semences du chénopode blanc sont des akènes dans lesquels on ne trouve qu'une seule graine. Il y en a de 4 types à savoir les semences brunes lisses, noires lisses, brunes réticulées et noires réticulées.

Biologie

Pour la germination du chénopode blanc, il faut une température de base comprise entre 2 et 6°C. L'adventice a une croissance influencée par la photopériode et le taux journalier d'émission des feuilles augmente en fonction de celle-ci. Chez cette adventice, le zéro de végétation est de 6°C. C'est de juin à octobre qu'a lieu la floraison et il faut entre 90 et 100 jours entre la germination et la fructification. Du début de la floraison à l'affichage des premières semences, il faut entre 13 et 19 jours. Pour une bonne levée du chénopode blanc, la profondeur optimale est comprise entre 1 et 4 cm. Sur sol sec, la croissance de l'adventice n'est possible que si l'enfouissement des semences est fait à plus de 5 cm. La dormance de la plante est très importante à maturité et la germination nécessite la présence de lumière. On note que les akènes de couleur noir sont plus dormants que les akènes bruns.

Habitat du chénopode blanc

Nitrophile, le chénopode blanc est présent dans toute la France et peut s'adapter à tous les sols. Pour les cultures réalisées en mode conventionnel, la plante colonise principalement les cultures de printemps comme les protéagineux, la betterave, la pomme de terre et le lin. On l'aperçoit aussi au sein des cultures portes-graines potagères. Certaines cultures d'hiver, comme celle de la féverole, sont touchées par le chénopode blanc. En culture biologique, l'adventice est très redoutée du fait de sa grande aptitude à produire des semences qui se conservent pendant longtemps dans le sol.

Facteurs favorables

Les cultures sarclées sont envahies par le chénopode blanc. Une étude nationale révèle aussi que depuis des décennies, cette plante serait l'espèce d'adventice la plus présente dans les cultures de maïs et aussi dans celles du tournesol. Il faut toutefois savoir que le chénopode blanc existe depuis la préhistoire et était même consommée comme un épinard. Sa croissance est remarquable sur les terres fréquemment bouleversées. Aussi, on s'est rendu compte que la présence en azote et en eau, comme c'est le cas dans les cultures irriguées, accroit l'extension de l'adventice avec une production élevée de biomasse et de semences en fin de cycle.

Nuisibilité

La plante a un impact sur le rendement et peut engendrer d'importantes pertes, notamment dans les cultures de printemps et d'été. Elle peut envahir de façon impressionnante et est capable de fragiliser les cultures au mètre carré. Plusieurs tentatives de désherbage du chénopode se sont soldées par des échecs et ont finalement pénalisé l'intensité des chantiers de récolte. Dans le cas de la betterave sucrière, c'est tout le processus de transformation qui est mise à mal. Les récoltes sont de mauvaise qualité concernant les plantes à graines, avec la présence d'une humidité au sein de es graines. Aussi, il n'est pas facile de les trier et elles deviennent toxiques pour les animaux d'élevage lorsque ceux-ci les consomment en grande quantité.

Lutte

Une rotation de culture peut être faite pour lutter contre cette adventice. Il n'est pas nécessaire de faire un labour du sol pour l'élimination du chénopode blanc car la durée de vie de ses graines est très élevée. Son niveau de viabilité ne diminue pas, même après retournement des premières couches de sol. Il ne faut même pas insister sur cette méthode car les labours répétés favorisent finalement le développement de la mauvaise herbe.

De bons résultats peuvent par contre être enregistrés avec de faux semis à réaliser avec soin en avril. Aussi, des déchaumages profonds et répétés permettent de réduire le stock des graines de l'adventice. Il faut toutefois avoir de la patience car les résultats ne sont pas rassurants au début. Il ne sert à rien d'adopter la méthode du décalage de la date de semis car le chénopode blanc peut échelonner ses levées en fonction de la quantité et de la profondeur des semences. Il est aussi bon de limiter les sources de contamination en nettoyant les outils et en entretenant correctement les bords de champs. Cela permettra de ramasser les semences de l'adventice qui tombent au sol à maturité.

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