Le Chardon des champs

Article publié , mis à jour , dans Plantes adventices.

Le chardon des champs est une plante dicotylédone identifiée comme une adventice. Elle fait partie des espèces végétales de la famille des Astéracées et est désignée scientifiquement Cirsium arvense. Plusieurs noms vernaculaires, comme « cirse des champs », « caoussido » ou encore « cherdu », sont utilisés pour évoquer cette adventice.

On reconnait la plantule du chardon des champs par ses feuilles épineuses et alternes disposées en rosette. De grande taille, les cotylédons sont charnus, elliptiques avec un pétiole très court et parfois inexistant. Les deux premières feuilles de cette plantule sont elliptiques et donnent l'impression d'être opposées. Elles sont très piquantes, à l'instar des autres, et sont lancéolées, sessiles et très souvent décurrentes. Cette plantule forme des drageons. La plante adulte du chardon des champs est dioïque et vivace. Longue de 50 à 150 cm, sa tige est anguleuse, pubescente et ramifiée. Sur les capitules, on aperçoit des fleurs de couleur rose violacé, rassemblées en panicule corymbiforme. Les semences du chardon des champs sont des akènes portant une aigrette plumeuse à partir de laquelle elles se disséminent par le vent à distance plus ou moins grande. Ces semences sont conoïdes, ovoïdes à ellipsoïdes et aplanies. Leur base est arrondie et leur sommet plutôt tronqué.

Biologie

Le chardon des champs est une plante vivace dont les organes de multiplication, à savoir les drageons, se développent de mars jusqu'en été. Ils colonisent les parcelles de culture par taches à partir des bordures non entretenues. Même si les germinations issues des graines ne sont pas nombreuses, il faut toutefois indiquer qu'elles participent à l'exubérance de la croissance végétative. La floraison de cette adventice a lieu de juin à octobre. Il est bon de savoir qu'il s'agit d'une plante des jours longs. Concernant la profondeur de levée, les akènes du chardon des champs doivent être enfouis entre 3 et 6 cm pour que la germination se fasse. L'émergence des pousses végétatives se fait à partir des drageons situés à plus de 10 cm du sol. La dormance des drageons est levée par le froid de l'hiver. Les premières pousses ne sont cependant visibles après que le sol ait été suffisamment réchauffé.

Habitat

Cette adventice est commune dans toute la France et pousse sur tous les sols, avec cependant une préférence pour les terres argileux, fertiles et assez humides. En ce qui concerne la colonisation des cultures faites en mode conventionnel, le chardon des champs se signale sur presque toutes les cultures, et aussi sur les prairies, les friches de tout genre et les jachères. On la remarque particulièrement dans les cultures de luzerne porte-graines. La plante est aussi très redoutée des producteurs de cultures en mode biologique, surtout ceux qui pratiquent les méthodes céréalières sans élevage. Elle est même citée en première position lorsque ces producteurs évoquent les problèmes qu'ils rencontrent dans leurs cultures.

Facteurs favorables

Le chardon des champs, originaire du sud-est de l'Europe et de la zone est de la méditerranée, s'est vite propagé au sein de toutes les zones tempérées du monde. Elle est longtemps considérée comme l'une des mauvaises herbes les plus néfastes aux céréales. Certaines méthodes culturales ont favorisé le développement de cette adventice. C'est le cas de l'absence de travail du sol pour un semis direct et la répétition des opérations superficielles en interculture comme la fragmentation des systèmes racinaires. On note aussi l'usage d'herbicides qui ne sont pas adaptés au contexte de leur utilisation. Il faut aussi se méfier des bordures de parcelles non fauchées et les jachères anciennes qui peuvent être source d'infestation de l'adventice.

Nuisibilité

Cette plante indésirable a un impact négatif sur le rendement et peut même faire chuter de façon drastique les productions en cas de croissance excessive. La concurrence faite aux plantes cultivées se matérialise par un étouffement rapide de ces plantes et du prélèvement de l'eau et des éléments minéraux. Des pertes de près de 75% dues à l'infestation de cette adventice ont été enregistrées. Dans les cultures de blé, 15 pousses de chardon des champs par mètre carré peuvent entrainer une baisse de rendement de 35% environ. Par ailleurs, cette adventice influence négativement sur la qualité des récoltes en favorisant l'installation de l'humidité dans les grains. Aussi, des impuretés peuvent apparaitre dans la récolte à partir de capitules et des fleurs qui, souvent, échappent au battage.

Méthode efficace de défense

Dans la plupart des cultures colonisées par le chardon des champs, la rotation n'est pas une solution efficace. Toutefois, de bons résultats ont été enregistrés dans les cultures de luzerne. La rotation, en général, n'est pas à proscrire mais il faut, en complément, engager une lutte herbicide ou mécanique. L'activité du chardon peut être affaiblie si un labour est fait. On doit dans ce cas viser les drageons qui sont les organes multiplicateurs de cette adventice. Le déchaumage est un moyen de lutte contre le chardon des champs.

Mais la technique n'est véritablement efficace qu'en pratiquant un travail de sol profond à l'aide d'ailettes montées sur ressorts ou d'un cultivateur à soc. L'adventice sera ainsi épuisée par ce travail du sol en dessous des rhizomes horizontaux. Il faut cependant faire attention car les outils utilisés peuvent favoriser l'extension de l'infestation. Il est donc nécessaire de bien les désinfecter avant toute réutilisation. Pour cette opération, il faut avoir une préférence pour les outils à disque et pas ceux à dents souples qui ne sont pas performants dans ce contexte. On peut orienter la lutte vers l'adoption de mesures préventives comme l'entretien des bordures de parcelles avant la floraison de l'adventice.

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