Le bleuet

Article publié , mis à jour , dans Plantes adventices, Astéracées.

Le bleuet est une plante dicotylédone de la famille des Astéracées. Répondant au nom scientifique de Centaurea cyanus, cette plante est listée parmi les adventices. Elle est aussi désignée par plusieurs noms vernaculaires comme « aubifoin », « casse-lunettes » et « barbeau ».

Le bleuet se caractérise par une plantule en rosette dont les feuilles sont alternes, et par de grands cotylédons elliptiques et charnus quelquefois tachés d'un point rouge ou plutôt deux dans certains cas. On reconnait cette plantule par sa teinte vert blanchâtre. Quant aux feuilles, les toutes premières sont entières et légèrement ondulantes. Leur point commun avec les autres est leur contour lancéolé et le fait qu'elles naissent toutes dressées. La plantule présente une pilosité blanchâtre en toile d'araignée et des dents noires sont visibles au bord du limbe. Ces particularités sont d'ailleurs des signes de reconnaissance du bleuet. Pour bien identifier l'adventice en tant que plante adulte, il faut savoir qu'elle affiche un vert blanchâtre sensiblement cotonneux et mesure entre 30 et 80 cm de hauteur. Sa tige est anguleuse, dressée et régulièrement ramifiée. Les feuilles à ce stade sont étroites, linéaires, caulinaires et sessiles, et celles du bas sont particulièrement lyrées. Disposées en capitule, les fleurs sont tubuleuses et de couleur bleu. Les fruits produits par le bleuet sont des akènes jaunâtres disposant d'une aigrette à soies rousses ou brunes. Cette semence est oblongue, lisse et luisante, et pèse entre 3,5 et 4 mg en moyenne.

Biologie

La plante a un cycle annuel. La période de germination s'étend d'octobre au début de printemps, avec un pic entre octobre et novembre. Le bleuet est une adventice dont la photosensibilité est positive. Ainsi ses graines connaissent une bonne germination suite à une bonne exposition à la lumière. C'est entre 1 et 3 cm que la profondeur optimale de levée de la plante est superficielle. Il a toutefois été noté des levées de bleuet jusqu'à 8 cm de profondeur. Aucune dormance primaire n'a été constatée chez cette espèce d'adventice.

Habitat

Le bleuet colonise plusieurs types de sols, particulièrement les acides et les calcaires. On l'aperçoit aussi dans les sols siliceux des zones bocagères, ainsi que sur les sols calcaires caillouteux de l'est et du centre de la France. L'adventice bleuet a des affinités avec les cultures de colzas, de céréales et des protéagineux d'hiver. Il est très rare de voir cette plante coloniser des cultures autres que celles précitées. Aussi, sa présence significative dans les cultures en mode biologique n'est pas encore constatée.

Facteurs favorables

L'histoire révèle que les fleurs de bleuet ont symboliquement représenté l'armistice de la première guerre mondiale. Cette plante avait par la suite presque disparu du monde agricole avec l'intégration des herbicides. Ces produits avaient permis un bon contrôle de cette adventice. Il se trouve que ces dernières années, l'espèce a commencé à refaire surface dans plusieurs cultures, notamment dans celles du colza. Cette nouvelle colonisation du bleuet peut être due à certaines pratiques agricoles comme le retour fréquent du colza dans les rotations de cultures, la simplification du travail du sol et les interminables recherches engagées depuis le milieu des années 1990 sur la réduction des coûts des herbicides.

Nuisibilité

Il est bon de savoir que le bleuet n'a d'impact négatif sur le rendement qu'en cas de forte densité non contrôlée. Sinon, sa présence en générale n'affecte pas l'élaboration du rendement des cultures d'hiver. Aussi, elle n'est pas tellement gênante pour les cultures. Le plus important avec cette adventice est d'éviter qu'elle se développe massivement au sein des cultures car c'est en ce moment qu'elle devient néfaste.

Lutte

En respectant une rotation dans laquelle des cultures de printemps ou d'été sont faites sur une parcelle après celles d'hiver, ou en augmentant l'intervalle de temps entre deux productions de production de colza, il est possible de limiter la progression de cette adventice. Aussi, un labour occasionnel faisant suite à l'échec des opérations de désherbage est un bon moyen pour enfouir en profondeur toutes les graines de bleuet et mettre ainsi à mal leur développement futur. Il faut savoir que le taux annuel de décroissance du bleuet est de l'ordre de 70%. Cela dit, la viabilité des graines est perdue lorsqu'elles sont enfouies dans le sol. On peut lutter contre cette adventice par les techniques de déchaumage et de faux-semis. Pour le déchaumage, il est conseillé de choisir la période de septembre-octobre, juste avant les semis des céréales d'hiver, pour favoriser la levée de l'adventice et la détruire ensuite en interculture. Pour que la lutte par faux semis soit couronnée de succès, il est bon de viser une faible profondeur afin qu'un grand nombre de graines soient proches de la terre fine. Il est inutile de faire un décalage de la date des semis, une technique qui, dans le cadre de cette adventice, est sans effet.

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