L'anthémis cotule et anthémis des champs

Article publié , mis à jour , dans Plantes adventices, Astéracées.

L'anthémis cotule et l'anthémis des champs sont des plantes du genre Anthémis, de la famille des Asteraceae, classées dans le lot des adventices. Elles sont respectivement appelées scientifiquement Anthemis cotula et Anthemis arvensis. Elles portent aussi plusieurs noms vernaculaires comme « fausse camomille », « camomille puante » ou « maroute puante » pour l'anthémis cotule, et « camomille des champs » ou « armaraude » pour l'anthémis des champs.

La plantule des anthémis se présente en rosette et ses feuilles sont alternes. Elliptiques et sessiles, les cotylédons sont très petits. On remarque une division en 5 à 7 segments des deux premières feuilles. Celles-ci laissent voir une pilosité bien en évidence à la loupe quand il s'agit de l'anthémis cotule, et visible à l'œil lorsqu'on est en face de l'anthémis des champs. La première dégage une odeur au froissement de la plantule, ce qui n'est pas le cas avec la deuxième qui est sans odeur. Concernant la plante adulte, les anthémis sont poilues et dressées de 80 cm à 1 m. Elles sont de couleur vert ou vert-jaunâtre ont des feuilles divisées en plusieurs segments filiformes soudainement rétrécis en une pointe à leur sommet. On y trouve des fleurs disposées en capitules. Celles situées en périphérie sont blanches et ont une forme de languette tandis que celles du centre son plutôt jaunes, tubuleuses et constituées d'une base bractée florale dénommée paillette. Les semences des anthémis sont des akènes allant du jaune au brun-jaune terne. On trouve 2 à 3 côtes lisses sur chaque face d'un akène.

Biologie

Les anthémis sont des plantes annuelles dont la germination est possible durant toute une année. Il faut indiquer toutefois que les plus importantes levées sont remarquées en automne et au début de l'hiver. Il faut 100 jours après la germination avant que la fructification ait lieu. La floraison des anthémis est plus dense de mai à aout tandis que la maturation se fait de juin à novembre. La profondeur optimale de levée de ces plantes est superficielle et tourne autour de 2 cm. Une dormance élevée est constatée particulièrement chez l'anthémis cotule suite à la production de l'enveloppe de la graine.

Habitat

L'anthémis cotule se montre mésophile et est très abondante dans l'ouest et le sud-ouest, tandis que les sols légers, secs, acides, silico-argileux ou siliceux sont préférés par l'anthémis des champs. Concernant les cultures en mode conventionnel, les anthémis se signalent sur les céréales d'hiver, les protéagineux d'hiver et de printemps ainsi que sur le colza. On les aperçoit également dans les cultures de pomme de terre, notamment dans les régions du Nord, et aussi dans les cultures de soja et de tournesol faites dans le quart sud-ouest de l'hexagone. Des levées d'anthémis sont signalées régulièrement dans les cultures biologiques d'hiver.

Facteurs favorables

Les pratiques agricoles favorisent essentiellement la levée des anthémis. Par exemple le retour fréquent des céréales lors des rotations de culture et la simplification du travail du sol sont des situations qui entrainent la croissance de ce type d'adventice.

Nuisibilité

Sur le rendement des cultures, les anthémis font de la concurrence et l'exercent de façon précoce sur les cultures d'hiver. Elles tirent ainsi l'eau, la lumière et plusieurs éléments nutritifs au détriment des plantes cultivées. Il faut toutefois noté que le niveau de cette concurrence est moyen. Sur la qualité et la gêne des récoltes, il est indiqué que les fortes infestations fragilisent considérablement les zones de récolte. Il se pose ainsi un problème d'échauffement pendant le stockage. Une dépréciation nette de la qualité des récoltes est remarquée avec une augmentation d'impuretés, de verts et d'humidité au sein des grains récoltés.

Lutte

Il n'est pas conseillé d'axer la lutte contre les anthémis sur la rotation des cultures. Cette technique est inutile dans ce contexte puisque ces plantes sont capables de germer sur toute l'année. L'usage d'herbicide est plus indiqué. On peut également pratiquer le labour qui a une action moyenne dans cette lutte contre les anthémis. Cette méthode permet de diluer le stock semencier au niveau de la zone de travail. On peut se pencher sur les techniques de déchaumage et de faux-semis pour limiter les levées des anthémis. Il faut pour cela faire lever ces plantes en septembre-octobre et les détruire avant le semis de céréales d'hiver. Il faut que les méthodes culturales visent une faible profondeur de sorte que le maximum de graines soit en contact avec la terre fine. Toutes les sources de contaminations doivent être manipulées après avoir été bien traitées.

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