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Le mildiou de la pomme de terre

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Le mildiou de la pomme de terre est causé par un champignon phytopathogène nommé Phytophthora infestans. Cette maladie est la cause principale de la famine, qui a frappé les Européens en 1840 et a conduit à l'immigration massive des Irlandais aux Etats-Unis.

Biologie du pathogène

Phytophthora infestans appartient à la classe des Oomycètes et à la famille des Péronosporacées. Le cycle asexuel de ce champignon est une alternance de croissance de l'hyphe (tige du champignon), de sporulation et de germination de sporanges (les sporanges sont les semences germées des champignons). Le champignon a aussi un cycle sexuel au cours duquel des hyphes de sexes différents fusionnent pour donner naissance à des spores sexuées appelées oospores. Dans les conditions idéales, le champignon boucle son cycle de vie au bout de 5 jours. Les sporanges se développent sur les feuilles et diffusent dans la plante lorsque les températures sont supérieures à 10 °C et que l'humidité relative est supérieure à 75% durant plus de 2 jours. La pluie peut entraîner certaines spores dans le sol. Celles-ci s'attaquent alors aux jeunes tubercules. Le vent peut également entraîner les spores sur de grandes distances.

Les symptômes du mildiou de la pomme de terre

Les premiers stades de la maladie sont difficilement décelables. Le mildiou se manifeste par l'apparition de tâche de couleur foncée sur les tiges et le bout des feuilles de la plante. Lorsque le temps est humide on peut voir apparaître de la moisissure blanche sur la face inférieure des feuilles et la plante peut s'effondrer au bout de quelques jours. On note l'apparition de taches grises ou sombres dans les tubercules malades et la peau de ces tubercules se teint en brun rougeâtre. Au bout de quelques temps, ces tubercules pourrissent en dégageant une odeur nauséabonde. Les tubercules apparemment sains lors de la récolte subissent le même sort, lorsqu'ils sont entreposés.

Les réservoirs du pathogène

En dehors de son hôte, Phytophtora infestans survit difficilement dans la nature. Les autres alternatifs du champignon sont des plantes de la famille des solanacées. Sous certaines conditions, les hyphes et les sporanges asexués peuvent survivre durant une période très brève dans les résidus de la pomme de terre et dans le sol. Le froid hivernal et les canicules estivales leur sont généralement fatals. Le principal problème dans la gestion du mildiou de la pomme de terre concerne les tubercules laissés en terre durant la récolte. Ces derniers servent de refuge au pathogène. Les plantes qui émergent les saisons suivantes à partir de ces tubercules infectés sont le principal réservoir à partir duquel le champignon s'attaque à la nouvelle culture.

Méthodes de lutte contre le mildiou de la pomme de terre

Diverses techniques permettent de lutter aussi bien contre les dégâts sur les feuilles, que contre les dégâts sur les tubercules.

La résistance variétale

La mise au point de variétés résistantes est freinée par les difficultés à pouvoir faire des croisements entre les variétés cultivées et les variétés spontanées de pomme de terre. De plus, les gènes de résistance découverts ne sont efficaces que sur certaines formes du pathogène. La susceptibilité au mildiou est fonction des variétés. Les variantes précoces sont, en général, très vulnérables au mildiou. Celles-ci doivent être semées très tôt pour que les pommes de terre puissent être récoltées avant la saison du mildiou, qui commence généralement en juillet. Certaines variétés anciennes comme la King Edward sont très sensibles au mildiou, mais elles continuent à être cultivées en raison de leur grand prix. Les variantes les moins susceptibles à cette maladie sont entre autres Remarka, Stirling, Teena, Torridon, Cara et Romano.

Utilisation de semences certifiées

Le mildiou peut être contrôlé en limitant les sources de contaminations. L'utilisation de semences indemnes de tout germe est vivement conseillée. Il est donc nécessaire de traiter les semences avant le semis. Le fongicide conseillé pour ce traitement est le mancozèbe.

Utilisation de fongicides

Les fongicides sont généralement utilisés de façon préventive en se basant sur les prévisions météorologiques. La pulvérisation de fongicide doit être hebdomadaire sur les variétés sensibles. Ces pulvérisations doivent être très précoces pour être efficaces. Le choix du fongicide est lié à la variété de pathogène qui sévit dans la région. Le Metalaxyl est indiqué pour combattre Phytophtora infestans, mais de nombreuses souches y résistent. Afin de réduire le développement de résistance chez les pathogènes, on conseille de mélanger le Metalaxyl à d'autres fongicides de la famille des carbamates. Les combinaisons de fongicides tels que la tryphentine, le mandipropamide, le fluaziname et le chlorotalonil sont également utilisées pour combattre le mildiou.

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