Le manioc

Article publié , mis à jour , dans Légumes tubercules, Euphorbiacées.

Le manioc est originaire de l'Amérique centrale et de l'Amérique du sud. C'est un arbuste vivace de la famille des Euphorbiacées dont la culture est courante dans les zones tropicales et subtropicales. La plante engendre des racines tubéreuses qui sont de grande importance dans l'alimentation humaine.

Les feuilles de manioc sont aussi consommées dans certaines régions. Par exemple, à Madagascar, le ravitoto est un plat national dans lequel les feuilles de manioc sont consommées pilées et cuites. Les racines sont des tubercules à chair blanchùtre. Mais, aprÚs une cuisson dans de l'eau, celle-ci peut devenir jaune. De par sa texture, le corps du manioc fait penser au bois. Le tubercule est trÚs cultivé en Afrique et aurait été importé du Brésil au XVIe siÚcle.

Différentes variétés de manioc

Il existe plusieurs variétés de manioc, les unes se distinguant des autres par plusieurs critÚres comme la couleur de leur chair, généralement blanche ou jaune, la longueur et le diamÚtre des tubercules et leur potentiel au niveau du rendement. Il y a deux variétés trÚs répandues.

  • Le manioc amer, Manihot esculenta Crantz ou Manihot utilissima , ne peut ĂȘtre consommĂ© qu'aprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©toxifiĂ©. C'est gĂ©nĂ©ralement avec les racines de ce type de manioc qu'on rĂ©alise le fameux tapioca, aprĂšs avoir prĂ©alablement sĂ©chĂ©es les racines.
  • Le manioc doux, Manihot opi, peut ĂȘtre consommĂ© en l'Ă©tat. De petites traces d'hĂ©tĂ©rosides cyanogĂšnes y ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes. Cette prĂ©sence a engendrĂ© chez certaines personnes des neuropathies suite Ă  une mauvaise cuisson du tubercule.

Culture du manioc

Pour planter du manioc, certains agriculteurs rĂ©alisent des monticules ou des billons, mais ce travail du sol n'est pas nĂ©cessaire pour la culture du manioc doux. Pour la plantation, il faut mettre en terre de petits morceaux de tiges de 20 Ă  30 cm de long. Il est nĂ©cessaire que ces boutures aient entre 5 Ă  8 nƓuds. Ceux-ci sont d'une grande importance car c'est Ă  partir d'eux que les racines partent. La plantation se fait Ă  la main et les boutures peuvent ĂȘtre orientĂ©es dans diverses positions. Par exemple, on les plante horizontalement pour les climats secs et verticalement lorsque le sol est sablonneux.

Conditions

Aucune crainte pour la sĂ©cheresse dans la culture du manioc. La plante pousse parfaitement sur des terres humides. Mais pour de meilleurs rendements, il est prĂ©fĂ©rable d'opter pour les sols loameux (mĂ©lange sable, argile et limon) et bien drainĂ©s. Aussi, faut-il choisir le dĂ©but de la saison des pluies pour la plantation car ceci permettra une bonne repousse et un Ă©tablissement parfait de la plante. Il est intĂ©ressant de cultiver le manioc en prĂ©voyant des cultures intercalaires. Cette mĂ©thode garantit de bons rendements. Les combinaisons manioc-maĂŻs-melon ou manioc-arachide-maĂŻs peuvent ĂȘtre tentĂ©es.

RĂ©colte

Pour les variĂ©tĂ©s prĂ©coces, la rĂ©colte peut avoir lieu 7 mois aprĂšs la plantation. Il faut attendre par contre 12 mois pour les tardives. Le manioc est prĂȘt pour la rĂ©colte lorsque ses feuilles jaunissent et tombent. Il ne faut pas tarder Ă  retirer les maniocs du sol car lorsqu'ils restent trop longtemps en terre, leur qualitĂ© se dĂ©grade et ils deviennent ligneux. Les tubercules ne doivent pas ĂȘtre abĂźmĂ©s Ă  la rĂ©colte au risque de vite pourrir ou d'attirer les champignons.

Principale maladie

Les planteurs de manioc craignent une maladie apparue au milieu des annĂ©es 90 et qu'on appelle « mosaĂŻque ». C'est un virus qui se rĂ©pand trĂšs rapidement d'un plant Ă  un autre. On soupçonne la mouche blanche d'ĂȘtre le principal vecteur de transmission de cette maladie. Lorsque le manioc souffre du « mosaĂŻque », on s'en rend compte par des pertes de feuilles. A la rĂ©colte, on obtient des tubercules rachitiques et de mauvaise qualitĂ©. Cette maladie rĂ©duit ainsi considĂ©rablement les productions.

Utilisation

Ce tubercule est utilisĂ© de diverses maniĂšres dans les rĂ©gions oĂč il est beaucoup consommĂ©. Au BrĂ©sil, on fait une semoule sĂšche de grosse forme et des boissons alcooliques distillĂ©es. Dans les deux Congo, le manioc est trĂšs recherchĂ© pour faire du foufou ; Pour ce plat, le manioc est rĂ©duit en farine Ă  la main ou au moulin, ensuite mĂ©langĂ© Ă  de l'eau bouillante Ă  Ă©gale proportion pour enfin ĂȘtre consommĂ© avec de la sauce. Dans ces pays, on mange les feuilles de manioc avec du riz. En CĂŽte d'Ivoire, on consomme plus le manioc Ă  partir d'une espĂšce de semoule cuite Ă  la vapeur appelĂ©e  attiĂ©kĂ© ou sous forme de nourriture Ă  fort consistance en amidon comme le plakali et du foutou de manioc.

Conservation

Une fois rĂ©coltĂ©, le manioc peut ĂȘtre stockĂ© dans des cageots dans lesquels une matiĂšre absorbante comme de la sciure de bois doit ĂȘtre placĂ©e. Il est prĂ©fĂ©rable de recouvrir les cageots avec une bĂąche en pastique perforĂ©e pour Ă©viter que la sciure se dĂ©shydrate au point d'engendrer une prolifĂ©ration de champignons. Le manioc peut ainsi ĂȘtre conservĂ© entre 1 et 2 mois. Il est aussi possible de le mettre dans tout endroit pouvant permettre de maintenir une tempĂ©rature de 4°C. MĂȘme si la congĂ©lation est aussi une solution de conservation du manioc, il faut savoir qu'elle peut changer la structure des tubercules qui deviennent alors spongieux.

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