La pyriculariose du riz

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La pyriculariose est une pathologie qui affecte les organes aériens du riz tels que les feuilles, les tiges et les panicules. On la rencontre dans toutes les zones de culture de cette poacée et elle peut être destructrice dans certaines conditions. En fonction des agrosystèmes, la pyriculariose est capable d'engendrer des pertes qui peuvent atteindre les 100%.

Agent pathogène

C'est un champignon filamenteux ascomycète qui est responsable de la pyriculariose. Sa forme sexuée est appelée Magnaporthe grisea. Le champignon présente un mycélium capable de produire des conidiospores qui portent des bouquets de conidies, soit les organes de multiplication asexuée du champignon. Une fois libérées, ces conidies se fixent sur des surfaces hydrophobes à partir d'un mucilage glycoprotéique adhésif. Les spores du Magnaporthe grisea sont éparpillées par le vent et la pluie généralement sur des distances inférieures à 3 mètres. Si toutes les conditions favorables sont réunies, le cycle infectieux foliaire du champignon peut se réaliser en 7 jours.

SymptĂ´mes

La maladie fait apparaitre des lésions blanchâtres qui se transforment en lésions nécrotiques en forme de losange, avec un centre grisâtre et des bords bruns. La feuille peut mourir si les lésions fusionnent. C'est le cas lorsque les attaques sont sévères sur les plantes sensibles. Les lésions réduisent l'activité photosynthétique des feuilles avec comme conséquence une baisse du tallage et de la hauteur des plantes. Elles entrainent en outre la diminution du nombre de grains et de leur poids, ce qui naturellement a un impact négatif sur le rendement.

Conditions favorables

En général, la maladie affecte les plantations de riz en culture pluviale. Aussi, Les cultures de riz en situation irriguée, conduites avec l'utilisation d'intrants azotés, sont également très touchées par la pyriculariose.

Lutte

L'adoption de certaines pratiques culturales peut permettre de lutter contre la pyriculariose. Il est conseillé par exemple d'utiliser des semences saines, de faire autant que possible la rotation des cultures et de supprimer les pailles contaminées. On peut choisir d'utiliser des cultivars résistant à la pyriculariose, un acte qui est d'ailleurs considéré comme le meilleur moyen de lutte de la maladie. Il est possible d'engager une lutte chimique, une option qui n'est cependant rentable que dans les zones de production de riz étendues sur de grandes surfaces car les produits utilisés à cet effet sont très chers. En effet, on utilise pour cela des fongicides inhibiteurs de la voie de biosynthèse de la mélanine dont le tricyclazole et le carpropamide.

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