Parasites et maladies des arbres à pépins

Article publié , mis à jour , dans Maladies des arbres, Parasites agricoles.

Les arbres à pépins sont sensibles à quantité de maladies, de champignons et de parasites. Nous vous donnons ici une liste non exhaustive avec des liens vers les articles qui traitent du sujet.

Elater

Les Elater ou Taupins sont généralement connus sous le nom de Marechaux ou Toque-Marteau de ce que, s'ils viennent à être couchés sur le dos, ils se retournent brusquement en produisant un bruit sec. Ce sont des insectes à élytres coriaces, brun noirâtre, longs de 1 cm ½ à 2 cm. Leurs larves dévorent l'écorce des racines, font périr les petits arbres et causent parfois de grands dégâts dans les pépinières. On donne la chasse à l'insecte parfait.,

Hanneton

Plus redoutable encore parce qu'il est plus répandu. A l'état parfait, il mange les jeunes feuilles; sa larve, le ver blanc, coupe les racines. En semant des laitues dans les plantations, on peut détruire un grand nombre de ces insectes. Très friands de cette plante, ils ne tardent pas à la ronger au collet; aussitôt que le dessèchement annonce leur présence, on creuse un pou la terre et on les tue. Le moyen le plus efficace de destruction est le hannetonnage. Pour éloigner ou détruire le ver blanc, on recommande l'emploi du pétrole brut étendu d'eau. Il suffit de quelques grammes de pétrole par arrosoir.

Courtilière

La Courtilière ou taupe grillon, surtout redoutable pour les plantes herbacées, peut aussi être nuisible aux jeunes semis d'arbres fruitiers qu'elle soulève dans ses promenades souterraines, et dont elle coupe les racines. On s'en débarrasse en versant à l'orifice des galeries quelques gouttes d'huile, puis lentement, au moyen d'un arrosoir, un filet d'eau. L'huile, entraînée par l'eau, s'attache au corps de l'insecte qui est bientôt forcé de sortir pour respirer plus librement. On le tue alors facilement. On obtient le même résultat en se servant de goudron de houille, qui est moins cher que l'huile, ou encore en employant le pétrole brut.

Lisette ou Coupe-bourgeons

Ce dernier nom est significatif et indique les exploits de ce petit destructeur appelé Rynchite par les savants. La Lisette est un Charançon qui fait sa ponte dans las pousses tendres et jeunes des poiriers; au-dessous de chaque piqûre ou dépôt d'œuf elle coupe le bourgeon aux trois quarts. La partie coupée ne tarde pas à se dessécher. Aussitôt qu'on s'en aperçoit, il faut la jeter au feu, afin de détruire l'œuf.

Anthonome

Celui-ci est un autre Charançon qui pond dans le bouton à fruits du poirier et du pommier. Recueillir les boutons secs et les leurs flétries avant la sortie du petit ver qui les ronge, et brûler le tout. On a remarqué que l'Anthonome attaque peu les arbres en espalier, et qu'il a une prédilection particulière pour certaines variétés de poiriers. Tigre (Tingis). Sorte de petite punaise de couleur brune qui, dans certains pays, fait grand tort aux espaliers, mais se trouve plus rarement sur les sujets en plein air. En août-septembre, le Tigre se tient sous les feuilles et y produit, par ses piqûres, de petites boursouflures brunes qui leur donnent une apparence tigrée. On conseille d'employer les aspersions d'eau de tabac.

Pucerons

Vivant par familles nombreuses sur la face inférieure des feuilles et sur les jeunes bourgeons des arbres fruitiers dont les Pucerons sucent la sève, ces petits insectes causent quelquefois de graves dommages. Sous leurs attaques, les feuilles se contournent et les pousses nouvelles ralentissent ou arrêtent leur développement. Les Pucerons secrètent, par deux petites cornes qu'ils portent à l'arrière de leur abdomen, une substance grasse et sucrée appelée miellat. Cette matière visqueuse, en s'accumulant sur les feuilles, contrarie les fonctions respiratoires. Elle est très recherchée par les fourmis, qui accourent pour sucer les cornicules on peut dire que les Pucerons sont pour eux de véritables vaches à lait. Leur présence sur les arbres indique presque toujours la présence des Pucerons.

Pour les détruire, tremper les extrémités envahies dans de l'eau de tabac(l), et recommencer à diverses reprises. Les jeunes pousses étant fragiles, il faut opérer avec précaution. Lorsque les parties attaquées par le Puceron ne peuvent être trempées dans l'insecticide, on projette celui-ci à la seringue, en le lançant de bas en haut, afin d'atteindre la face inférieure des feuilles.

Il est une espèce de Puceron recouvert d'un duvet blanc qui le cache presque entièrement, c'est le Puceron lanigère, dont la couleur est rougeâtre, et qui est dépourvu de cornicules. Le Puceron lanigère est spécial au pommier, pour lequel il est parfois un véritable fléau. Par ses piqûres, il occasionne, sur les tiges et les rameaux, des boursouflures, des gibbosités, des déformations de toute nature, qui peuvent produire la mort de l'arbre, et, dans tous les cas, lui font beaucoup de mal. Il se cache dans toutes les fissures, et n'est pas très facile à atteindre. Le meilleur moyen de le détruire, c'est de le frotter énergiquement au moyen d'un pinceau dur trempé dans du pétrole brut, ou mieux encore dans de l'alcool dénaturé. Il faut recommencer à diverses reprises, parce que les œufs, cachés dans l'épaisseur de l'écorce, n'éclosent que successivement.

(1) Le jus de tabac est en général un très bon insecticide. On l'emploie plus ou moins étendu d'eau suivant sa force. Il est bon de l'éprouver avant de s'en servir, c'est-à-dire d'en mouiller quelques jeunes bourgeons et d'attendre pour s'assurer s'il ne leur a pas causé de préjudice. En France, les jus concentrés provenant des manufactures de l'État doivent être additionnés de vingt à cent fois leur volume d'eau, plus ou moins selon leur degré de concentration, l'état plus ou moins herbacé des pousses et la résistance de l'insecte.

La décoction de feuilles de tabac rend les mêmes services que les jus livrés par les manufactures.

Tenthrède ou Ver-limace

Sur les feuilles du poirier, on rencontre souvent le Tenthrède en juillet-août une larve noire, gluante, ressemblant à une petite sangsue: c'est le Ver-limace, qui dévore le parenchyme des feuilles. On l'écrase en repliant et serrant le limbe de la feuille entre les doigts. On peut aussi le détruire en saupoudrant les arbres attaqués avec de la chaux pulvérisée ou de la cendre de bois.

Chenilles

Cette nombreuse catégorie d'insectes est redoutable pour nos jardins. Vous savez que toutes les Chenilles proviennent de papillons. Il est difficile de prendre ceux-ci mais leurs œufs et les Chenilles qui en sortent se détruisent sans grande peine.

Parmi les papillons les plus nuisibles, je vous citerai les Bombyx et les Géomètres, qui comptent les uns et les autres de nombreuses espèces. Nous avons surtout à craindre les suivantes:

Bombyx livrée

Bombyx livrée, dont les œufs sont déposés en forme de bagues autour de menues branches d'arbres, et dont les nids sont de petites tentes soyeuses où les Chenilles se rassemblent pendant le jour.

Bombyx disparate

Les œufs de Bombyx disparate sont réunis en petits paquets entourés d'une enveloppe brunâtre et feutrée ressemblant à de l'amadou.

Géomètre effeuillant

Les Chenilles de cette espèce ont reçu le nom de Géomètres ou Arpenteuses de ce que, pour marcher, elles relèvent le milieu de leur corps de manière à simuler un compas.

Dans certaines années, ces Chenilles sont de véritables fléaux. On n'a pas d'autre moyen de les détruire que de les écraser. Pour empêcher les Géomètres de se propager, on conseille d'enduire de goudron la base des arbres attaqués. Les femelles, qui se métamorphosent en terre, sont obligées, pour pondre, de grimper le long des tiges, parce qu'elles ne peuvent pas voler. Le goudron les arrête. On comprend l'importance de ce moyen quand on sait que chaque papillon pond de trente à quarante œufs.

Pyrales

Ce genre d'insectes compte, comme la Chenille, de nombreuses espèces. Ce sont celles-ci qui fournissent la plupart des petits vers que l'on voit trouer les fruits. Avant que ces vers soient sortis, il faut avoir soin de ramasser tous les fruits attaqués, et de les donner aux porcs ou de les jeter dans l'eau, ou encore de les enterrer profondément. Une faute pas trop compter sur ce dernier moyen, parce que la larve se métamorphose en terre.

Yponomeute

C'est une curieuse Chenille qui se retire dans des feuilles qu'elle enroule en tube, ou qu'elle réunit par des fils soyeux. Il en est plusieurs espèces, dont une, l'Yponomeute cousine, est redoutable pour le pommier. On la détruit en enlevant et brûlant les nids.

Cécydomie

En mai-juin, on voit souvent des poires s'arrondir, se noircir et tomber. Ouvrez-les, vous trouverez la larve jaune ou blanc rougeâtre de la cécydomie. Ne négligez pas de ramasser et de brûler ces fruits alors qu'ils renferment encore l'insecte.

Limaces et Limaçons

Ils attaquent les jeunes bourgeons et quelquefois l'épiderme des fruits. On leur donne la chasse après une pluie ou à la rosée. La chaux vive en poudre et la cendre s'attachent à leur corps et les font périr.

Jaunisse ou Chlorose. On appelle ainsi une maladie qui se manifeste par le jaunissement des feuilles et un arrêt ou un ralentissement très sensible dans la végétation. Elle attaque tous les arbres, mais elle est surtout fréquente chez le poirier. Cette affection est due le plus souvent au manque de profondeur et à l'épuisement du sol. On a recommandé, pour la combattre, les arrosages et les aspersions de sulfate de fer dissous dans l'eau à raison d'un ou deux grammes par litre d'eau. Mais il paraît que le reverdissement des feuilles ainsi obtenu n'est qu'une coloration artificielle et nullement une guérison. Il vaut mieux recourir à la déplantation quand il est possible de transporter les arbres dans un sol meilleur, ou au renouvellement de la terre autour des racines lorsqu'on ne peut pas transplanter.

Brûlure

Dans certains sols, il arrive en juillet-août que les jeunes pousses des poiriers se dessèchent à leur extrémité, qu'elles grillent, suivant l'expression courante. On ne connaît point la cause de cet accident, non plus que de remède pour le combattre. On pense cependant qu'il est dû au séjour de l'eau dans le sous-sol, et que la brûlure se produit quand les racines atteignent cette partie humide. Aussi conseille-t-on de drainer convenablement lors des plantations, surtout lorsqu'on a affaire à un sous-sol imperméable.

Chancres

Souvent produits par des blessures, les chancres se déclarent aussi quelquefois spontanément sur certains arbres, notamment sur quelques variétés délicates de pommiers, et dans les sols froids et humides. il faut enlever jusqu'au vif toute la partie atteinte, la racler et ne plus rien laisser que de sain. On conseille de frotter ensuite la plaie avec des feuilles d'oseille, puis, une fois desséchée, de la recouvrir de mastic à greffer.

Rouille

Due à une espèce de champignon, la Rouille se manifeste par des taches rousses sur les feuilles. Elle se produit surtout dans les années humides; on ne connaît pas de moyen de s'en débarrasser.

Blanc des Racines

On désigne sous ce nom certains champignons très petits qui se développent sur les racines et amènent promptement la mort du sujet. Ces champignons appartiennent à diverses espèces, variables suivant les sols, les essences, etc.

On n'a pas encore, jusqu'à ce jour, indiqué de moyen pratique pour détruire le Blanc des racines et surtout pour en débarrasser, sans leur nuire, les arbres qui en sont atteints. On n'est même pas bien fixé sur son origine. Toutefois il paraît établi que ces champignons se développent lorsque des branches ou des racines en décomposition sont laissées enfouies dans le sol. On a remarqué en effet que le Blanc des racines se manifeste surtout dans le voisinage des arbres morts dont on n'a pas extirpé soigneusement toutes les racines; il apparaît plus particulièrement dans les terrains emplantés de vieille date : c'est la maladie des vieux sols.

Aussi, pour l'éviter, recommande-t-on expressément de ne jamais enterrer, lors des labours et des défoncements, de branches mortes, de débris de bois, et d'enlever avec le plus grand soin tous les fragments de racines. On conseille même de ne pas laisser se dessécher et pourrir sur place les greffons que l'on a l'habitude, dans les pépinières et les jardins fruitiers, de piquer au pied des arbres.

Mousses et plantes parasites

Il faut avoir grand soin de les enlever. On se sert pour cela d'un émoussoir; faute de cet instrument spécial, on peut employer un couteau à lame longue et non tranchante. En même temps que la mousse, on fait tomber les vieilles écorces qui se détachent par écailles ou plaques plus ou moins larges. Sur les parties nettoyées, on applique ensuite un lait de chaux au moyen d'un gros pinceau ou d'une seringue. On opère par un temps humide, en février ou mars, avant le gonflement des bourgeons.

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