Culture de la Vigne

Article publié , mis à jour , dans Raisin.

La Vigne est un des plus précieux et des premiers végétaux cultivés. Vous savez tous que la Bible fait mention de ceps plantés par Noé.

L'Asie est très probablement la patrie de la Vigne, du moins de notre Vigne à vin, car il en est d'autres espèces différentes en Amérique. A l'état sauvage, elle peut acquérir des dimensions considérables s'attachant aux arbres, elle les couvre de ses innombrables ramifications, en escalade le sommet, et souvent en dépasse les cimes les plus élevées. Dans nos cultures, elle est loin d'atteindre un pareil développement; toutefois, certains vignobles du Midi sont ainsi formés de grands arbres supportant des vignes géantes.

De l'Asie, la Vigne n'a pas tardé à passer en Europe. D'abord introduite en Grèce, puis en Italie, elle s'est répandue de là dans les Gaules, la Germanie et la Grande-Bretagne. Elle est devenue l'une des principales sources de prospérité de la France, qui expédie ses vins dans toutes les contrées du monde.

Climat et sois Bien qu'originaire des pays chauds, la Vigne, par suite d'une culture dix fois séculaire, s'est avancée assez loin vers le Nord. Plante robuste par excellence, aussi remarquable par sa rusticité que précieuse par ses produits, elle a pu, grâce à une merveilleuse facilité à se plier aux diversités de climat, constituer des vignobles jusque vers le 51ème degré de latitude nord.

Nous n'avons Ă  Ă©tudier la Vigne que pour les produits qu'elle fournit en fruits de table : nous nous occuperons donc simplement de la culture en treilles.

Aucune espèce fruitière n'est plus accommodante sur la qualité du sol. Mais elle donne ses produits les plus beaux et les meilleurs, sinon les plus abondants, dans une terre chaude et pierreuse, et à une exposition bien ensoleillée. Elle prospère d'ailleurs dans nos jardins, et il n'est pas de plante cultivée qui profite mieux des engrais.

Multiplication Elle a lieu par semis, bouturage et marcottage. On peut Ă©galement propager la vigne de greffage.

Le semis n'est guère usité que pour obtenir des variétés. Cependant, depuis l'apparition du Phylloxéra, on a recours au semis pour se procurer des cépages américains dans les pays où l'introduction de plants étrangers est interdite. Les vignes de semis ne donnent de fruit qu'au bout de 4, 5 ou 6 ans.

Nous avons vu de quelle manière se font le marcottage et le bouturage de la vigne.

Quant au greffage, il n'est usité que pour changer une variété en une autre. Dans les pays phylloxérés, on greffe maintenant beaucoup les cépages français sur des sujets de vignes américaines résistantes au Phylloxéra. Le greffage se fait à l'anglaise ou en fente à quelques centimètres au-dessus du sol; on butte ensuite pour enterrer le greffon qui ne reprendrait pas sans cela. On débutte à complète reprise. Il ne faudrait pas en effet que le greffon s'enracinât : autrement il deviendrait une véritable bouture, et le sujet ne tarderait pas à périr.

Culture La vigne en treilles se soumet Ă  deux formes principales le cordon horizontal et le cordon vertical.

Cordon horizontal -Le cordon horizontal, dit à la Thomery, se compose le plus souvent de deux bras dirigés symétriquement sur des fils de fer. On distance les cordons de 0m50 dans le sens vertical. Quant à l'espacement des pieds, il varie nécessairement avec la hauteur du mur, étant donné que chaque bras doit avoir un parcours de 1m50. Pour un mur de 2m30 de hauteur, par exemple, on établirait quatre cordons le premier à 0m30 du sol, les suivants distants verticalement de 0m50 les uns des autres, les ceps étant espacés de 0m75. Voici comment on obtient le cordon à la Thomery.

Supposons un cep à sa première année, c'est-à-dire ne comprenant encore qu'un sarment. On le taille à deux yeux. Les pousses sont, pendant l'année, palissées verticalement, et pincées à une hauteur d'environ 1 m à 1m30. Les faux-bourgeons sont eux-mêmes pincés à une feuille.

2e année : Suppression du sarment le plus haut situé; taille du second à 4 ou 5 yeux, le dernier étant choisi en avant. Celui-ci donnera le prolongement de la tige; les autres fourniront du fruit. Le prolongement sera palissé verticalement et pincé à 1 mètre; les bourgeons de côté seront pincés à 2 ou 3 feuilles au-dessus du fruit. D'ailleurs, pincement des faux-bourgeons comme l'année d'avant. Remarquons que si le sarment le plus bas se trouvait être moins beau que le plus haut situé, on conserverait celui-ci comme prolongement.

3e année : Suppression des sarments de côté; taille du prolongement, comme la 2e année. Et ainsi de suite à chaque taille jusqu'à ce que la tige arrive à la hauteur, ou mieux un peu au-dessous du fil de fer qu'elle doit suivre.

Alors, tailler sur 2 yeux, un de chaque côté. Aussitôt que les bourgeons obtenus seront suffisamment forts, les palisser horizontalement. Ce palissage ne peut guère se faire avant le mois d'août.

Veut-on avoir des yeux parfaitement opposés, qui donnent les deux bras du cordon à la même hauteur, on s'y prend de la manière suivante : on pince le prolongement à la hauteur où il doit se bifurquer; on renouvelle le pincement chaque fois qu'un bourgeon se développe. Une certaine quantité d'yeux se forment en cet endroit; à la taille on choisit les deux plus convenables et l'on détruit les autres.

Une fois obtenus, les deux bras du cordon sont taillés chacun sur 2 yeux, l'un en dessous ou en avant, l'autre en dessus. Ce dernier donnera un courson; l'autre continuera le cordon. Pendant l'été, les bourgeons de prolongement sont palissés horizontalement et pincés seulement s'ils dépassent 1m50 ; les bourgeons pour coursonnes sont palissés verticalement et pincés lorsqu'ils atteignent le cordon immédiatement supérieur. Les faux-bourgeons sont pincés à une feuille.

L'année suivante, nouveau courson de chaque coté, et nouveau nouveaux prolongements. Le courson déjà obtenu est taillé à 2 bourgeons destinés l'un, celui qui est le plus éloigné dé la base, à donner du fruit, après quoi il sera supprimé ; l'autre, le plus rapproché, à être taillé l'année suivante, également sur 2 yeux.

Les pincements se font d'ailleurs comme susdit. Et ainsi de suite chaque année. Souvent on ébourgeonne complètement le sarment à fruits; mais on peut aussi lui donner le même traitement qu'au remplacement, c'est-à-dire pincer les faux-bourgeons à une feuille. On distance les coursons de 20 à 25 centimètres les uns des autres.

Au lieu de deux bras, on pourrait naturellement faire les cordons horizontaux à un seul bras; il faudrait dans ce cas planter les ceps plus serrés et leur donner un peu plus de parcours. On ménagerait deux coursons chaque année si la vigueur du cep le permettait.

Cordon vertical. Le cordon vertical s'obtient plus facilement encore que le cordon à la Thomery. La seconde année de plantation, le sarment conservé est taillé à environ 35 ou 40 cm. du sol, sur 3 yeux bien constitués, l'un supérieur, situé en avant; les deux autres latéraux, situés un de chaque côté. Chaque année le prolongement est ainsi taillé sur trois yeux un pour la continuation de la tige, les deux autres pour la formation des coursons. Les coursons se traitent d'ailleurs absolument de même que pour le cordon horizontal : première taille sur 2 yeux; deuxième taille également sur 2 yeux, après suppression du sarment le plus éloigné de l'insertion du courson. On distribue les coursons aussi régulièrement que possible, en les espaçant, sur chacun des côtés, de 18 à 25 cm. Il faut toujours avoir soin de pincer plus long les sarments de base.

Nous avons vu que, pour les murs très élevés, on a recours aux palmettes alternées, les unes grandes, garnissant le haut de la muraille, les autres plus petites garnissant le bas.

Pour les murs très peu élevés au contraire, on peut adopter cet autre mode de conduite : on conserve un sarment unique, taillé à 1 m de longueur, et palissé horizontalement. Les yeux de dessous sont supprimés; les bourgeons du dessus sont palissés verticalement, et destinés à fournir du fruit. A la taille, on supprime ce sarment, et on le remplace par un autre, ménagé sur le coude, ou un peu plus bas.

La taille se fait après l'hiver, en février et mars, avant le grossissement des yeux qui se détacheraient facilement si l'on attendait trop tard.

Souvent on soumet les raisins de treille au cisellement, opération qui consiste à enlever, avec des ciseaux à lames très allongées, les grains du centre des grappes et ceux qui paraissent mal venants. Ce travail se fait lorsque le grain a la grosseur d'un petit pois. On opère de telle sorte que, la grappe abandonnée ensuite à elle-même, les grains ne se touchent pas.

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Il faut toujours avoir soin de supprimer les vrilles au fur et Ă  mesure de leur apparition.

Lorsque les ceps sont âgés, on les rajeunit en les rabattant près de terre. On peut aussi les coucher dans le sol, pour ne laisser sortir que des sarments jeunes et forts qui remplaceront le vieux pied. Le plus souvent on se sert des pousses qui se sont développées après le rabattage, et on les couche de même. C'est ce qu'on appelle le provignage, expression qui s'applique également au marcottage de la Vigne.

Les horticulteurs recommandent de ne pas planter tout près du mur, mais à 1 m de celui-ci; on s'en rapproche en deux fois, en couchant chaque année le sarment sur une longueur de 0m50. Cette pratique est bonne, mais on s'en dispense volontiers lorsqu'on a de bon plant enraciné.

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