AGRONEO

Culture du Pêcher

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Le pêcher nous vient, croit-on, de la Perse. C'est un petit arbre, qui atteint de 3 à 5 mètres de haut, et que l'on ne peut généralement cultiver, dans les climats du Nord de la France et en Belgique, qu'en espalier à bonne exposition. De même que la poire est le plus estimé des fruits à pépins, la pêche est la reine des fruits à noyau. La beauté de sa forme et de ses couleurs, la délicatesse et le parfum de sa chair lui assurent une place d'honneur sur nos tables. Aussi, sa culture fait-elle la fortune de certains pays.

Le fruit du pêcher, si beau et si recherché, ne se garde pas : il demande à être consommé de suite. On en prépare des confitures et des conserves à l'eau-de-vie ; le noyau entre dans la fabrication de l'eau de noyau, et les fleurs desséchées servent à préparer un sirop purgatif. Les amandes et les feuilles de pêcher contiennent un poison très violent (l'acide cyanhydrique ou prussique).

Climat et sol Originaire des contrées chaudes, le pécher redoute beaucoup le froid. Les pluies prolongées et l'humidité lui sont également contraires. Aussi, dans les pays même tempérés, la récolte est-elle fréquemment compromise quand il n'est pas abrité au printemps non seulement par un palissage contre les murs, mais encore au moyen d'auvents qui le protègent, et combattent les effets des giboulées, des pluies froides et des abaissements de température. Malgré ces précautions, il arrive souvent encore que la fleur, une des premières qui apparaissent dans nos jardins, se trouve détruite par les gelées. Aussi les amateurs ont-ils soin, tant que les froids sont à craindre, de l'abriter pendant la nuit avec des toiles.

Les terres à vignes chaudes et saines sont celles qui conviennent le mieux au pêcher. Il ne faudrait pas cependant un sol sec et brûlant : l'arbre viendrait mal et perdrait souvent ses fruits avant maturité. Dans les terres humides au contraire, il pousserait avec vigueur les premières années, mais serait sujet au chancre, et donnerait des fruits médiocres et en petite quantité.

Il est d'ailleurs, pour le pêcher, des contrées privilégiées où il s'est acclimaté mieux qu'ailleurs. Là, il donne en plein air, sur haute tige et presque sans soins, même dans nos pays, des produits passables, sinon véritablement bons. C'est ainsi que, dans les vignobles de la Bourgogne et des bords du Rhin, on trouve une quantité de pêchers, dont les fruits généralement petits, se ressèment d'eux-mêmes. Il y a, en Belgique même, une variété de pêcher qui réussit en plein vent à bonne exposition : c'est la pêche d'Oignies, précieuse à ce titre, et très répandue dans le Hainaut.

Multiplication Le pêcher se propage par le semis et le greffage.

On n'a guère recours au semis que pour obtenir des arbres de plein vent, qui sont ainsi beaucoup plus vigoureux que greffés. C'est le procédé que l'on emploie pour les pêches de vigne telles que Alberge en Bourgogne et le pêcher d'Oignies dans le Hainaut. L'une et l'autre se reproduisent presque identiquement de semis.

Le franc ne s'emploie, pour greffer le pêcher, que dans le Midi, et encore est-il peu usité. Dans le centre de la France et jusque sous le climat parisien on greffe généralement sur amandier. Dans le Nord, on ne se sert comme sujet que du -prunier. Les variétés préférées pour cet usage sont le Damas noir et le Saint-Julien. Les pépiniéristes emploient souvent le Myrobolan parce qu'il donne de fortes pousses dans les premières années. Mais aussi cette belle végétation ne tarde généralement pas à disparaître, et en somme ne produit rien de bon. On indique encore quelquefois le prunellier des haies il fournit des sujets très nains, très précoces au rapport, mais de courte durée.

Le mode de greffage employé est l'écusson, qui se pose toujours en pied, c'est-à-dire à quelques centimètres du sol.

Culture Quand on veut obtenir un pêcher de plein vent, on sème un noyau provenant d'un arbre non greffé. Le jeune sujet a une croissance très rapide, et donne souvent, dès la première année, une pousse de 1 mètre, que l'on a soin de tuteurer.

Des faux-bourgeons se développent à l'aisselle des feuilles; on les pince sévèrement, surtout dans le voisinage de la flèche, mais sans les enlever, afin de ne pas nuire au grossissement de la tige. Quand, au bout de deux ou trois ans, celle-ci est suffisamment forte et élevée, on l'arrête à la hauteur de lm50 environ. On en forme une tête comme nous l'avons vu pour le poirier en haut vent. 11 faut chaque année prendre la précaution de tailler modérément les rameaux, pour éviter qu'ils se dénudent du bas, et supprimer avec soin le bois mort.

Soumis à la taille, le pêcher est d'une conduite beaucoup plus compliquée. Les principales formes qu'on lui impose sont la palmette et le candélabre, que l'on obtient d.'ailleurs absolument de même que pour le poirier, à cette différence près que l'on rabat le scion l'année de plantation pour commencer dès lors les étages de branches, et que ceux-ci se distancent, non plus à 25 ou 30 cm, mais bien à 50 cm. Sur les pousses de l'année, il se développe des faux-bourgeons, surtout dans le voisinage de l'extrémité; afin de favoriser celle-ci, on a soin de les pincer autant de fois qu'il le faut. A la taille, chaque prolongement est coupé aussi long que le permet la végétation. Cela varie de moitié aux deux tiers de la pousse : c'est l'observation et la pratique qui servent de guides à cet égard.

Il importe pour le pêcher, plus encore que pour toute autre espèce d'arbre, d'assurer le développement des branches latérales. Il ne faut jamais commencer d'étage de branches avant de s'être assuré que l'étage inférieur est parfaitement constitué. Généralement même, pour les branches inférieures, on ne prend de série que tous les deux ans. Lorsqu'on ne prend pas de nouvel étage, on taille l'axe sur un œil situé le plus près possible de l'étage inférieur.

Afin d'avoir bien en face l'une de l'autre les deux branches d'une même série, on a recours à divers procédés. Le plus facile, c'est de choisir, à la hauteur de l'étage, un œil de devant bien constitué et de le couper par le milieu les yeux stipulaires se développent et donnent deux ou trois bourgeons qui prennent naissance à la même hauteur. Cette opération se pratique à l'époque de la taille, alors que les bourgeons commencent à s'allonger et sont à peu près de la grosseur d'un grain d'avoine. On peut aussi poser des écussons à la hauteur de la série de branches à obtenir. C'est du reste le procédé auquel on a recours lorsqu'un des yeux vient à s'annuler ou à manquer à l'endroit où l'on désire avoir plus tard une branche.

En résumé ne chercher à obtenir de nouvelles branches latérales qu'autant que celles déjà obtenues sont au moins aussi fortes que l'axe; faire la taille aussi longue que le permet la vigueur de l'arbre, mais toujours de manière à assurer la sortie des yeux qui doivent fournir les coursons.

Taille de la branche fruitière Tout le traitement de la branche fruitière du Pêcher est basé sur ce fait que le fruit se produit toujours sur un rameau de Vannée précédente et jamais sur un rameau plus âgé.

La préoccupation de l'arboriculteur sera donc de préparer chaque année des rameaux pour l'année suivante. Ces rameaux sont dits de remplacement. Ils remplacent en effet ceux qui ont déjà donné du fruit et sont devenus impropres à en produire de nouveau. Un seul rameau de remplacement par coursonne peut suffire. Cependant, pour plus de sûreté et chaque fois que les circonstances le permettent, on doit toujours chercher à en ménager deux.

Pour comprendre le mécanisme assez simple de la taille des branches fruitières du Pêcher, suivons le développement des yeux situés sur le prolongement d'une branche de charpente. Ainsi que je l'ai dit, cette branche est raccourcie d'environ un tiers de sa longueur. Les yeux qu'elle porte se développent, et en mai, les bourgeons ont de 10 à 15 ou 20 centimètres. Remarquons que certains de ces bourgeons sont triples et d'autres doubles. Il faut n'en laisser qu'un seul à chaque place on supprimera les plus forts pour ceux situés en dessus de la branche, et les plus faibles pour ceux placés en dessous. En même temps, on enlèvera tous les bourgeons situés en 9 avant et en arrière, à moins que la suppression de l'un d'eux laisse un trop grand intervalle entre deux coursons successifs, auquel cas on pourra, par exception, conserver un de ces bourgeons d'avant, ou mieux encore an de ceux d'arrière. L'intervalle laissé entre les coursons doit être d'environ 15 cm. Suivant leur position sur la branche, les bourgeons sont traités différemment. Dans la palmette et les autres formes à branches obliques ou horizontales, les bourgeons du dessous, défavorisés par leur situation et tendant toujours à rester faibles, sont laissés dans toute leur longueur, au moins jusqu'à ce qu'ils aient atteint un développement suffisant. Ceux du dessus qui reçoivent davantage de sève, ont besoin d'être modérés dans leur vigueur par un pincement on en supprime la pointe herbacée dès qu'ils ont atteint de 25 à 30 centimètres. Ce pincement ne se fait que successivement et au fur et à mesure que les bourgeons atteignent la longueur indiquée. Toutefois, si l'on en remarquait dont le fort empâtement et la vigueur dénotent une tendance à s'emporter en gourmands, on les pincerait au-dessus des feuilles de base dès qu'ils auraient 10 ou 12 cm. Deux ou trois bourgeons ne tarderaient pas à se développer. On en conserverait un pour la taille d'hiver, en le pinçant au besoin. Les bourgeons les plus faibles, ceux du dessous des branches, ne sont arrêtés qu'à une longueur de 35 à 40 cm.

A la suite du pincement, il se développe des faux-bourgeons : s'il n'y en a qu'un, on le pince à 15 ou 20 cm; s'il y en a deux ou trois, on revient, par une taille en août, sur le plus bas situé et on le traite lui-même par le pincement. Si des faux-bourgeons de second ordre se développent à leur tour sur le bourgeon anticipé, on supprime le plus haut par une taille, et l'on traite le plus bas par le pincement.

Pendant ces diverses opérations, c'est-à-dire dans le courant des mois de mai, juin et juillet, le prolongement continue à se développer. Je vous ai dit comment il faut le protéger et empêcher que des faux-bourgeons voisins de son extrémité prennent une trop grande force. Les faux-bourgeons, qui apparaissent sur une grande partie de la longueur du prolongement, peuvent se traiter comme nous venons de le voir pour les bourgeons ordinaires. Toutefois comme ils présentent un inconvénient que n'ont pas ceux-ci, on leur fait subir l'opération suivante aussitôt que le jeune faux-bourgeon est assez fort pour être fendu avec la pointe d'un canif, on le transperce de part en part à 1 cm ou 1 cm 1/2 au-dessus de son insertion : là il se forme deux yeux sur lesquels on taillera l'année suivante. C'est précisément pour obtenir que ces deux yeux restent tout près de la branche dé charpente que l'on prend cette mesure, sans laquelle ils seraient entraînés trop haut par l'allongement du faux-bourgeon. On peut aussi parer à cet inconvénient de la manière suivante dès que les feuilles stipulaires se montrent, on les pince au tiers environ de leur longueur; en même temps, on coupe par le milieu la feuille principale.

Si nous avons bien suivi l'ébourgeonnement et le pincement de nos pêchers, la taille sera des plus faciles. Nous avons cherché à obtenir des branches à fruit de bonne force, ni trop grosses, ni trop faibles, avec des yeux bien constitués à leur base. Ici nous n'avons pas, comme dans le poirier, à attendre encore un an, ou même deux et trois ans que les boutons à fruit s'épanouissent ils sont dès maintenant formés et prêts à nous donner leurs produits. Ces boutons à fruit sont généralement groupés deux à deux, et séparés par un bouton ou plutôt un œil à bois. Ils se distinguent facilement de celui-ci par leur forme arrondie et leur grosseur. Quelquefois cependant les boutons ne sont pas accompagnés d'yeux à bois.

Les boutons à fleur ne se trouvent que rarement à la base des rameaux; ils sont disséminés à une hauteur plus ou moins grande le long de ces rameaux. Nous taillons ces derniers sur 2, 3, 4 ou 5 boutons selon qu'ils sont plus ou moins forts. Les boutons se développent et donnent des fruits. Les yeux se développent en même temps en bourgeons. Or, dès que ceux-ci ont 5 ou 6 centimètres, nous les pinçons à deux feuilles lorsqu'ils n'accompagnent pas un fruit, et qu'ils ne sont pas les plus bas situés sur le rameau. Ceux qui accompagnent le fruit sont pincés à 10 ou 12 centimètres. Quant aux bourgeons de base, qui sont les remplacements, ils ne subiront de pincement qu'à une longueur de 30 cm environ.

Il peut arriver que les fruits tombent; en ce cas, si les bourgeons de remplacement sont faibles, on taille tout au-dessus, aussitôt les fruits tombés ; si au contraire ils sont forts, on conserve quelques autres bourgeons sur la longueur du rameau.

On ne garde, sur chaque coursonne, et quand la fructification est bien régulier, que deux pêchers si l'arbre est jeune, et une seulement s'il est déjà un peu épuisé.

Les bourgeons doivent être palissés de manière à ce qu'il n'y ait pas confusion. Remarquons que le palissage est, dans la culture du pêcher, d'un grand secours pour obtenir des rameaux fruitiers d'une force convenable. Il sert à modérer la vigueur des pousses trop fortes, en les-comprimant plus ou moins par les ligatures. Notons encore que les bourgeons qui se trouvent au-dessus des remplacements servent pour ainsi dire de gouvernail dans la conduite de ceux-ci. Plus on les pince court, plus ces derniers prennent de force, et inversement, plus on les laisse pousser, moins les remplacements reçoivent de sève et ont vigueur.

En résumé, sur chaque coursonne, nous pouvons avoir soit un ou deux fruits avec bourgeons pincés de bonne heure, soit simplement des bourgeons pincés, mais pas de fruits dans l'un et l'autre cas, nous devons toujours trouver un ou deux bourgeons de remplacement à la base. C'est à avoir ces remplacements de bonne force, de la grosseur d'un tuyau de plume, disent les praticiens, que doivent tendre tous nos soins pendant la végétation. A la taille rien de plus simple. Si le rameau a (Fig. 38) a donné du fruit, nous le supprimons jusque sur le remplacement. Lorsque le rameau qui aurait dû fructifier n'a rien donné, il a été rabattu, pendant l'été précédent, jusque sur un remplacement. Celui-ci est taillé à 4 boutons à fruits, et la série d'opérations recommence. Si le remplacement est double, nous taillons sur le plus bas.

Il arrive que le remplacement du bas est faible; en ce cas, on le taille sur 4 yeux, sans lui conserver de fruit, ou bien s'il existe un second remplacement plus haut, celui-ci est taillé à fruit, et l'autre est taillé à 2 yeux. C'est ce que l'on appelle la taille en crochet, qui peut se faire du reste chaque fois que l'on a ménagé deux remplacements (Fig. 38 et 39).

bouquet

Nous avons jusqu'ici considéré le cas le plus ordinaire, celui d'un rameau se développant normalement sur une branche de charpente. Mais sur les sujets en plein rapport, on voit d'autres sortes de branches fruitières analogues aux dards et aux brindilles des poiriers ce sont les branches à bouquet et les branches chiffonnes. Les premières (Fig. 40) sont très courtes et portent beaucoup de fleurs en rosette, avec un œil à bois au milieu. Celui-ci est naturellement conservé et traité comme remplacement. La branche chiffonne, grêle et allongée, est garnie de boutons à fruit sur toute sa longueur; le plus souvent elle est dépourvue de boutons à bois en ce cas, elle n'est bonne qu'à être supprimée une fois qu'elle a fructifié. Quelquefois cependant elle a un œil à bois sur sa base; on le traite alors comme ci-dessus.

pêchers

Le Pêcher se taille assez tard, et seulement quand les boutons à fruit sont bien apparents ; autrement il est assez difficile de les reconnaître avant qu'ils aient commencé à s'arrondir. Comme la floraison du Pêcher est très hâtive, on est quelquefois surpris dans la taille par l'épanouissement des fleurs, qui tombent à la moindre secousse. C'est alors qu'un bon sécateur rend de grands services la serpette occasionne des mouvements trop brusques.

pêchers

La Pêche proprement dite est recouverte d'un fin duvet mais il est une autre race de Pêches à peau tout à fait lisse ce sont les Brugnons, dont la qualité est en général moindre que celle des bonnes Pêches.

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