Pourriture brune du cacao

Article publié , mis à jour , dans Cacaoyer.

La pourriture brune ou simplement la pourriture des cabosses de cacao est une maladie qui se déclare fréquemment dans les cacaoyers. Elle sévit dans les régions de grande production. En Afrique de l'ouest, le Ghana et la Côte d'Ivoire, respectivement second et premier producteurs mondiaux, sont les plus touchés. Outre le swollen shoot, cette pathologie causée par un champignon, s'avère la plus dévastatrice de la cacao-culture. Elle est capable de détruire plus de 30 % des récoltes escomptés.

Lucarne sur les agents pathogènes

Les agents pathogènes de la pourriture brune du cacao sont des champignons du genre Phytophtora. Ces parasites se propagent rapidement en période d'humidité, en temps de pluies et en l'absence d'un bon ensoleillement dans les plantations. Les experts expliquent que l'eau de pluie et le vent constituent les principaux vecteurs de la propagation de cette pathologie. On dénombre 7 agents responsables à travers le monde : les destructions occasionnées par 4 premiers sont les plus accentuées tandis que les attaques des trois autres sont jugées moins virulentes.

Phytophtora palmivora

On trouve le Phytophtora palmivora dans toutes les zones de production sub-tropicales et tropicales. C'est l'agent le plus répandu au monde !

Phytophtora megakarya

Les chercheurs pensent que le Phytophtora megakarya, très présent en Afrique occidentale et central, serait à l'origine l'hôte d'un arbre local. Il a été identifié en Côte d'Ivoire depuis 1999. Présents dans le sol, les spores de ce champignon sont transportées principalement par les fourmis et les eaux de ruissèlement.

Phytophtora citrophthora

Avec les agrumes pour hôtes primaires, le phytophtora citrophthora s'est attaqué au cacao en Indonésie et au Brésil. Il est présent dans les zones subtropicales et tropicales.

Phytophtora capsici

Ce pathogène présent dans diverses zones tropicales et subtropicales s'attaque à plusieurs végétaux dont les cacaoyers.

Phytophtora megasperma

Bien qu'identifié au Vénézuéla, ce pathogène est aussi présent dans les zones subtropicales et tempérées.

Phytophtora katsurae

Phytophtora katsurae s'attaque principalement Ă  la noix de coco et subsidiairement au cacao.

Phytophtora heveae

Phytophtora heveae a été identifié sur le cacaoyer en Malaisie. Ses hôtes primaires sont l'hévéa, les noix, les goyaves, les mangues et les avocats.

SymptĂ´mes

Deux jours après l'infection, il se produit de minuscules zones translucides sur les cabosses de cacao. Lorsque la maladie apparait, on remarque sur ces fruits une tache de couleur havane (teinte marron clair) se répandant rapidement sur toute la surface. Cette anormale coloration ne tarde pas à virer au noir. Hormis les cabosses, la pourriture brune s'observe sur les feuilles des cacaoyers et provoque une défoliation. Les rameaux, la tige, les coussinets floraux et les branches ne sont pas épargnés et présentent également la même tache évolutive. Au niveau des racines, on constate la formation de chancres.

Quant au tronc, il est entouré de nécroses qui ont l'aspect de légères cavités creusées sur l'écorce. On aperçoit souvent des suintements rouges provenant des fissures visibles sur l'écorce à la faveur de l'apparition des nécroses. Cette présence a pour conséquence de réduire la vigueur de l'arbre et sa faculté à porter des cabosses. La production se voit ainsi affectée. L'infection peut même entrainer la mort subite du cacaoyer. Les pieds survivants donnent des fruits altérés et donc des fèves de très mauvaise qualité, impropres à la vente.

Traitements

Pour lutter contre la pourriture brune du cacao, les producteurs se plient systématiquement à une récolte sanitaire, ôtent carrément les pieds atteints et/ou procèdent à l'aération de leurs plantations afin d'y optimiser l'ensoleillement. La lutte chimique était envisagée pour lutter contre la pourriture brune du cacao.

Mais le coût élevé des fongicides élaborés dans ce sens à pousser les producteurs à chercher d'autres alternatives. Ainsi, on préfère sélectionner des variétés résistantes, une méthode qui a en plus l'avantage de vulgariser la culture desdites variétés. Les chercheurs œuvrent à la mise en place de vaccins efficaces contre cette pathologie. Par ailleurs, la piste de l'introduction d'antagonistes aux agents pathogènes est exploitée.

Cela dit, voici en détails les principaux procédés basiques de défense contre les pathogènes :

La défense par les méthodes culturales et les moyens chimiques

La lutte culturale permet de limiter la prolifération des parasites. Elle est conduite très simplement mais méthodiquement afin d'en garantir le succès. Au début de la saison des pluies (après les 3 premiers jours de pluie), il faut commencer à sillonner les plantations, rechercher et ôter les cabosses/feuilles/arbustes infectées. Bien mené, le compostage s'avère efficace. Bruler les arbustes infectés doit être envisagé en dernier recours.

Il faut veiller à espacer les jeunes plants pour un meilleur échange d'air, bien drainer les sites, enlever les mauvaises herbes pour réduire l'humidité. Détruire les galeries sur les troncs de cacaoyers permet de se débarrasser aussi bien des les spores transportées par les fourmis que celles présentes dans la terre infectée. .

Si la défense culturale est capable de contrer les assauts du champignon Phytophthora palmirova, il faut lui associer des moyens chimiques pour venir à bout d'une attaque de l'espèce mégakarya.

En raison de leur impact sur le sol et de leur toxicité pour l'homme, les fongicides sont à pulvériser avec modération bien qu'ils donnent des résultats probants. Il faut surtout se méfier des variantes élaborées à base de cuivre. Des doses appropriées d'acide phosphorique peuvent être injectées dans les troncs de cacaoyers afin de leur assurer une parfaite résistance contre les parasites. Il est possible de peindre les tiges et les cabosses avec des composés de cuivre et/ou du métalaxyle. Certains producteurs préfèrent appliquer des couches de métalaxile sur les nécroses des tiges et des branches.

Défense par la résistance de l'hôte

Pour chaque zone de culture cacaoyère, on a identifié des hybrides et des clones résistant aux agents pathogènes. Ce sont donc ces variétés culturales qui sont conseillées aux producteurs soucieux de se mettre à l'abri des attaques des pathogènes connus. En Afrique occidentale où se situent les principaux producteurs de fèves de cacao, les variétés SNK 413 et IMC 47 résistent bien contre les vecteurs Phytophtora mégakarya et palmivora.

Lutte intégrée : l'approche idoine

La lutte biologique qui consiste à utiliser des micro-organismes tels que les bactéries et les champignons pour combattre efficacement les pathogènes est encore embryonnaire. Cela dit, la meilleure approche consiste en une action synergique : il s'agit de combiner les défenses culturale, chimique et l'approche des variétés résistantes pour obtenir des résultats probants.

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