AGRONEO

Pourridié, carie des racines

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Le pourridié est une maladie cryptogamique également appelée « carie des racines ». Elle se signale généralement sur les végétaux ligneux qui subissent l'attaque d'un champignon parasite au niveau de leurs racines. Les pommiers, les oliviers, les figuiers, les noyers et les mûriers sont les principaux arbres fruitiers atteints par la maladie. Concernant les plantes ornementales, le cyprès et les lilas font partie des plus exposées. Le nom « pourridié » vient de « poiridier », un mot provençal qui veut dire « pourriture ».

Agents pathogènes

La plupart des cas de pourridié est engendrée par deux espèces d'Armillaria, un champignon « supérieur » de la famille des Basidiomycètes. Il s'agit de Armillaria mellea ou armillaire de miel et Armillaria obscura. Le premier cité est le plus répandu et d'ailleurs bien connu des mycologues. Il fait son apparition en automne en formant des touffes au pied de l'arbre attaqué. L'armillaire de miel a un chapeau d'environ 15 cm. Il est de couleur jaunâtre parsemée de squamules brunâtres. Son stipe ou pied porte un anneau bien en évidence. Ce champignon se propage à partir de ses spores qui deviennent un rhizomorphe souterrain après avoir été un mycélium. En s'installant dans les racines ou au niveau du collet, le parasite élimine toutes les cellules vivantes des couches externes et de l'écorce. Il empêche ainsi les racines d'être pourvues en eau et en éléments nutritifs indispensables à leur développement. Ce champignon est saprophyte car il se nourrit de débris de végétaux morts. Le pourridié peut aussi être développé suite à l'attaque des champignons ascomycètes du genre Roselinia.

Symptômes

La végétation de l'arbre attaqué est ralentie avant qu'on constate un dépérissement progressif des rameaux et du feuillage. On remarque aussi que les feuilles sont atrophiées et qu'elles jaunissent prématurément. Au niveau des racines, on observe des états de décomposition parfois très avancée. Lorsqu'on décolle l'écorce à la base du tronc, il apparait un feutrage concentré de mycélium blanc ressemblant à des plaques ou des palmettes. Ce feutrage dégage une forte odeur de champignon. Les rameaux raccourcissent et les branches centrales dessèchent. Cette situation conduit à la mort de l'arbre.

Facteurs de risque du pourridié

Les situations d'humidité excessive favorisent la survenue du pourridié. En outre, les blessures laissées sur les racines des arbres ou au collet pendant les travaux agricoles sont des ports d'entrées des parasites.

Lutte

Il n'y a pas traitements curatifs efficaces contre le pourridié. Ainsi pour lutter contre la maladie, il faut faire de la prévention par de bonnes pratiques culturales. Il faut par exemple éviter les apports trop riches en potassium, faire un bon drainage du sol et pailler le plus souvent. Dès qu'on remarque des plaies sur les arbres, il faut vite les protéger avec du mastic cicatrisant. Les racines ne doivent pas être couvertes de blessures. Lorsque la maladie s'est déjà signalée, il faut chercher à éliminer le champignon à sa source afin d'éviter à l'avenir de nouveaux cas. Si l'arbre atteint est mort, il est nécessaire de l'arracher et de le brûler. Il est ensuite urgent de procéder à la décontamination du sol, une opération très difficile puisque l'agent pathogène évolue en profondeur à plus de 10 cm. Toute plantation doit être interdite sur l'emplacement pendant au moins 4 ans.

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