Maladies de plantes, Phytopathologie

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La phytopathologie est la science qui étudie les pathologies végétales ainsi que les réponses à apporter à ces maladies des plantes. L'organisme des végétaux tout comme celui des animaux peut être sujet à de nombreux maux, qui peuvent nuire modérément ou sévèrement au rendement de ces plantes.

Causes des pathologies végétales

Plusieurs germes peuvent infecter les plantes et induire des maladies. Au nombre de ces agents infectieux, on retrouve des virus, des bactéries, des champignons et des phytoplasmes.

Les viroses

Les maladies causées par les virus sont appelées viroses. Les symptômes les plus habituels des viroses sont les mosaïques, les marbrures et les fasciations. Certains virus sont spécifiques à certaines espèces végétales tandis que d'autres peuvent coloniser une multitude d'hôtes. Une des viroses les plus connues est la mosaïque du tabac. En plus du tabac, ce virus s'attaque à la pomme de terre et à l'aubergine. Les virus peuvent être non seulement transmis par des piqûres d'insectes mais également par des outils souillés.

Les mycoses

Les maladies causées par les champignons sont appelées mycoses ou encore maladies cryptogamiques. Il s'agit de champignons microscopiques. Le champignon prolifère activement dans les tissus de la plante et finit très souvent par obturer ou altérer les vaisseaux conducteurs de la plante. Ces champignons sont souvent transmis par le sol. Le mildiou de la pomme de terre, qui causa une famine en Irlande et l'immigration massive d'irlandais aux États-Unis, est une mycose causée par Phytophtora infestans.

Les maladies bactériennes

Les bactéries sont la cause de nombreuses maladies chez les végétaux. Au nombre symptômes des maladies causées par des bactéries, on recense des pourritures, des chancres, des nécroses, des jaunissements, des dépérissements et des pourritures molles. Les bactéries peuvent coloniser les plantes en se faufilant dans les ouvertures naturelles telles que les stomates, mais elles peuvent également s'introduire dans les blessures.

Les maladies phytoplasmiques

Les phytoplasmes sont des organismes unicellulaires semblables aux mycoplasmes qui infectent les animaux. Ils ressemblent beaucoup aux bactéries à l'exception qu'ils sont dépourvus de parois cellulaires. A l'instar des virus, ces pathogènes sont le plus souvent transmis aux plantes par les insectes phytophages en occurrence des cicadelles. Au nombre des symptômes des maladies causées par des phytoplasmes, on retrouve le nanisme et les « balais de sorcières ».

Lutte contre les pathologies végétales

La lutte contre ces pathologies peut être préventive ou curative. Au nombre des méthodes curatives on distingue la lutte chimique et la lutte biologique. La lutte intégrée associe les techniques préventives aux méthodes curatives.

La prévention

Certaines pratiques permettent de réduire de façon consistante l'incidence des maladies sur les plantes. Une bonne maîtrise de l'irrigation est indispensable pour une prévention efficace. Une rotation des cultures permet d'éliminer efficacement le stock de pathogènes dans le sol. L'élimination des plantes malades et des débris végétaux infectés permet de freiner la propagation des pathogènes dans un champ. Lors du plantage et de l'entretien des cultures, il faut éviter de blesser et d'endommager les plants. On cultivera de préférence des variétés résistantes ou tolérantes aux pathologies locales. Les semences doivent être traitées avec des substances adéquates et les outils de travail désinfectés. Le sol peut également être désinfecté.

La lutte chimique

La lutte contre les maladies cryptogamiques se fait à l'aide de substances appelées fongicides. Le cuivre fut le premier fongicide utilisé. Il fut notamment utilisé contre le mildiou de la vigne. Puis on utilisa la bouillie bordelaise qui est du sulfate de cuivre neutralisé à la chaux. Aujourd'hui on utilise des molécules de synthèse à cet effet. Les carbamates (mancozèbe, zinèbe, manèbe…) furent pendant longtemps utilisés. Aujourd'hui les molécules utilisées sont pénétrantes ou systémiques.

La lutte contre les bactéries s'effectue grâce à des bactéricides. Autrefois des antibiotiques furent utilisés à cet effet. Aujourd'hui cette pratique est interdite à causes des risques qu'elle pourrait entraîner pour la santé humaine. En effet on craint que les bactéries phytopathogènes ne développent des gènes de résistances, qui pourraient être transmis aux pathogènes de l'homme.

La lutte biologique

Elle consiste à utiliser des agents biologiques pour lutter contre les agents pathogènes et les vecteurs de maladie. En fonction de l'organisme à combattre on peut utiliser des bactéries, des insectes, des champignons et même des virus. Ainsi la mosaïque africaine du manioc a été freinée en utilisant une minuscule guêpe d'Amérique du sud. On combat Erwinia amylovora, l'agent pathogène du feu bactérien par l'intermédiaire d'Erwinia herbicola.

La lutte intégrée

Elle résulte de la combinaison de plusieurs techniques de lutte associées au facteur environnemental. Elle permet une combinaison harmonieuse de toutes ces techniques. Les molécules chimiques sont associées aux bonnes pratiques agricoles et aux ennemis naturels des pathogènes. On fait aussi appels aux symbiotes à l'instar des mycorhizes. Le système de défense de la plante est stimulé en vue de lutter naturellement contre les pathogènes. Cette technique de lutte est non seulement efficiente mais aussi peu dommageable pour l'environnement. Elle entre dans le cadre de l'agriculture durable.

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