Avantages et inconvénients des AMAP

Article publié , mis à jour , dans AMAP.

Pour les consommateurs citadins, les Associations pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne (AMAP) constituent la solution pour manger sainement tout en rendant un grand service aux paysans locaux. Effectivement, tous les aliments distribués sont frais, produits en France et de surcroît à proximité de leurs villes de résidence. Mais il y a un hic et cela tous les « amapiens » en sont conscients avant même d'adhérer à une AMAP ou d'en créer une. Ce hic découle de la solidarité avec les partenaires paysans pour ce qui concerne les aléas climatiques et diverses autres difficultés de production. Au delà d'un coup de main ponctuel ou régulier à donner au paysan partenaire en difficulté, il faut parfois accepter que le panier soit amoindri pendant les temps difficiles. A ce tableau, il faut ajouter la concurrence d'entités économiques plus structurées.

Avantages des AMAP

L'organisation en AMAP comporte des avantages énormes qui motivent aussi bien les adhérents que leurs partenaires paysans.

Pour les consommateurs

Le principe de fonctionnement des AMAP séduit par son originalité qui permet de sortir du labyrinthe de consommation imposé par l'industrie agroalimentaire. Le consommateur n'est plus du tout soumis à la loi mercantile de l'offre et de la demande, selon laquelle le prix d'un bien donné varie au gré de l'intérêt populaire et de sa mise à disponibilité.

Avec l'AMAP, le prix de la denrée alimentaire est fixé en concertation avec le paysan après analyse des coûts de production, tout en tenant compte de la rémunération de cet exploitant. Le prix à payer par chaque adhérent se fait sous formes de cotisations annuelles ou semestrielles et d'engagements physiques pour donner un coup de main au producteur et pour se relayer sur le lieu de la distribution car il n'y a aucun intermédiaire commercial.

Les aliments distribués sont parfois récoltés le jour même ou produits dans la semaine. Ils sont donc frais et très bons à manger. De plus, la règle est de les consommer puisqu'un autre panier est prévu la semaine suivante. Pour la santé, il est bon de consommer régulièrement des aliments sains issus de moyens de production minimisant l'usage de pesticides, engrais chimiques et autres substances nocives. Pour connaître les conditions de production de chaque paysan partenaire, des visites régulières parfois même inopinées peuvent se faire sur les fermes.

Pour les paysans partenaires des AMAP

Les Associations pour le Maintien de l'Agriculture Paysanne constituent un gage de pérennisation de leurs emplois et de leurs exploitations. Les cotisations des amapiens permettent à chaque paysan partenaire de disposer de fonds nécessaires pour planifier sa production au début de la période. Il peut se dégager un salaire consistant et acheter du matériel et des intrants appropriés.

Avec l'AMAP, le paysan partenaire s'émancipe du carcan mercantile. On le sait plusieurs structures agro-industrielles (fournisseurs de matériels, de semences, …) n'hésitent pas à suggérer aux paysans des méthodes de productions résolument intensives, tout en leur faisant miroiter des profits mirobolants.

Avec le retour à l'agriculture paysanne utilisant des techniques traditionnelles et respectueuses des normes environnementales, le fermier partenaire est plus libre de travailler et peut alors donner le meilleur de lui-même. De plus, il peut compter sur l'entraide des « amapiens » en cas de difficultés.

Inconvénients des AMAP

Les AMAP n'ont pas que des avantages, elles comportent aussi des inconvénients qu'il importe de juguler pour tirer le meilleur parti de ces associations. Les inconvénients existent aussi bien chez les « amapiens » que chez les paysans partenaires.

Chez les « amapiens »

La charte des AMAP proscrit toute transaction financière sur le lieu de distribution. Les paniers d'aliments distribués sont payés d'avance sous forme de cotisations sur une période allant de six mois à un an. On sait qu'en moyenne un panier coûte 20 euros. Ce qui fait environ 1000 euros à verser chaque année à chaque paysan partenaire avec lequel on signe un contrat AMAP. La difficulté majeure pour les consommateurs en ville est de pouvoir mobilier autant de fonds en début d'exercice ou chaque semestre.

Il faut être disponible pour aider un paysan partenaire qui est victime d'un sinistre quelconque et qui sollicite l'aide des « amapiens ».

Par ailleurs, lorsque les conditions climatiques sont très défavorables, cela peut se ressentir dans la composition du panier. Une contrainte majeure est de passer récupérer son panier un fois par semaine avec obligation de se faire représenter en cas d'indisponibilité (déplacement, maladie etc.).

Chez le partenaire paysan

Il peut arriver qu'une AMAP n'ait pas un nombre d'adhérents suffisant pour permettre au paysan partenaire de tirer son épingler du jeu. Si le paysan n'est pas lié à une autre organisation et s'il ne veut pas revendre une partie de sa production sur le marché, alors il est obligé de surcharger les paniers des « amapiens » et ce, à perte.

En cas de besoin ponctuel ou de sinistre, il faut pouvoir compter sur la disponibilité des « amapiens » pour obtenir une aide adéquate. Malgré leurs bonnes volontés, ces partenaires peuvent être absents au moment où on a le plus besoin d'eux.

La concurrence sournoise, le parasite des AMAP

Dans la sphère agricole, notamment dans les maraichers et chez les arboriculteurs, il existe des entités économiques qui s'organisent solidement avec la bénédiction des communes et des chambres de commerce pour mener une concurrence aux AMAP. Les consommateurs qui n'arrivent pas à faire la distinction, se laissent séduire par le fait d'avoir à acheter des paniers bon marché et ce, sur le lieu de distribution situé souvent aux abords ou dans des écoles maternelles et élémentaires.

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