L'AMAP, un modèle économique local d'agriculture durable

Article publié , mis à jour , dans Agriculture en France.

Une Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne, en abrégé AMAP est un modèle économique d'agriculture durable et de distribution alimentaire, dans lequel un réseau ou une association particulière d'individus s'engage à investir dans une ou plusieurs fermes locales. Les membres des AMAP achètent d'avance une part de la récolte de ces exploitations agricoles et reçoivent en retour de façon périodique les produits de la ferme.

Principes de base

L'idée première est de fournir des aliments frais et de qualité à une communauté locale. Les membres d'une AMAP s'accordent à partager les risques liés à la production. Dans ce système, les consommateurs tissent des liens très étroits avec les producteurs. Au début de la saison de culture, producteurs et consommateurs s'entendent sur ce qu'il faut produire, les coûts de production et sur les prix.

Les consommateurs paient d'avance leur production, s'engagent dans la distribution de la récoltent et recherchent de nouveaux adhérents pour l'AMAP ; ce qui permet d'éviter surproduction et gaspillage. En retour, les agriculteurs s'engagent à leur fournir les produits de leurs fermes, y compris les fruits, les légumes, les œufs, le lait, les produits laitiers, la viande, les féculents et parfois même des plantes ornementales. Les AMAP sont donc une forme de commerce équitable et d'économie solidaire destinés à freiner les déboires et les abus de la grande distribution.

Des bénéfices à divers niveaux

L'AMAP comporte des avantages non négligeables aussi bien pour les producteurs, pour les agriculteurs que pour l'environnement.

Bénéfices pour les producteurs

Ce système est extrêmement valorisant pour les fermiers. En premier lieu, ils disposent d'une source de financement sans taxe, ni intérêts pour leurs activités. Ils peuvent écouler la totalité de leur récolte et limiter considérablement les pertes. Leurs revenus sont en général meilleurs, car n'ayant plus à s'inquiéter de la prédation des grandes chaînes de distribution dont le credo est d'acheter au prix le plus bas.

Bénéfices pour les consommateurs

Les consommateurs accèdent à une nourriture riche, saine, diversifiée et produite localement. Les aliments distribués dans les AMAP, respectent les normes de l'agriculture biologiques et la plupart des fermiers, qui s'engagent dans les AMAP ont une certification AB. Ils bénéficient en plus d'une maîtrise de leur budget, car ils participent eux-mêmes à la fixation du prix des aliments, qu'ils consomment.

Les AMAP, des structures à visée écologique

Le gaspillage alimentaire, principal fléau de la grande distribution coûte cher à la nature. Des tonnes de produits agricoles pourrissent chaque année, car jugés invendables. Pourtant ces aliments ont été produits à renfort d'énergies fossiles, de fertilisants chimiques et de pesticides de synthèse. Dans le modèle économique des AMAP, la production est modulée selon le besoin de l'association. Relativement respectueuses de la nature, les méthodes de production, permettent une réduction significative de la pollution notamment de l'empreinte carbone des exploitations.

Perspectives

L'avenir des AMAP s'annonce prometteur car ses divers acteurs ne cessent de s'essaimer à partir de structures interrégionales et régionales qui fédèrent des centaines d'entités. Cette solide forme d'organisation permet d'actualiser les objectifs et les missions à travers des échanges d'expériences et des textes de base dont la charte des AMAP, un document officiel qui décrit entre autres les valeurs, les principes et les enjeux. Déposé auprès de l'Institut National de la Propriété intellectuelle (INPI) en mai 2003 par Alliance Provence, cette charte a été mise au goût du jour en 2014 et donne une idée des principes à respecter par chaque AMAP.

Histoire des AMAP

Ce modèle économique trouve ses racines dans les teikei japonais, un système de distribution de produits cultivés sans produits chimiques. En occident, cette forme de coopération entre agriculteurs et consommateurs provient des théories sur l'agriculture biodynamique formulées par Rudolph Steiner. La Suisse fut la pionnière en la matière, avec la création des food guilds. Le concept se répandit par la suite comme une trainée de poudre aux Etats-Unis, puis au Canada. Après avoir conquis divers pays sur plusieurs continents, le concept arriva en 2001 en France à l'initiative de Denise et Daniel Vuillon. Ce couple d'agriculteur l'introduisit après avoir visité les Etats-Unis, où ce concept est très populaire.

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